Conjoncture

Comité de Veille Economique : attention aux « oubliés »

Le Comité de veille économique (CVE), réuni le 19 mars 2020, a pris les premières mesures urgentes en faveur des salariés déclarés à la CNSS, au mois de février 2020 et des PME et TPME, ainsi que les professions libérales, en difficulté.


Ces mesures, prises pour la période allant jusqu’à fin juin 2020, ont été déclinées en trois principaux axes.

Ainsi, les salariés déclarés à la CNSS, en février 2020, en arrêt d’activité, dans une entreprise en difficulté, pourront recevoir une indemnité forfaitaire mensuelle, d’un montant de 2000 dirhams net, en plus des allocations familiales et du bénéfice des prestations de l’AMO. Ils bénéficieront aussi du report de remboursement des échéances de crédits bancaires, jusqu’au 30 juin 2020.

Les PME et TPME et professions libérales en difficulté devront bénéficier de la suspension du paiement des charges sociales et de la mise en place d’un moratoire pour le remboursement des échéances des crédits bancaires et des échéances de leasing, jusqu’à fin juin 2020.

Sur le plan fiscal, les entreprises dont le chiffre d’affaires, en 2019, est inférieur à 20 millions de dirhams, pourront bénéficier d’un report du dépôt des déclarations fiscales jusqu’à fin juin 2020, avec suspension des contrôles fiscaux et des avis à tiers détenteurs (ATD).

La prochaine réunion du CVE, prévue le 23 mars, devra être consacrée, cette fois-ci à des mesures spécifiques aux salariés non affiliés à la CNSS et/ou opérant dans l’informel. Cette catégorie sociale est de loin la plus nombreuse et la plus exposée à la précarité. En fait, cela aurait dû être la priorité du CVE. Maintenant, il faut faire vite, car la plupart des personnes exerçant des activités informelles de survie, gagnent leur vie au jour le jour. Les liens de solidarité familiale ne sont plus les mêmes qu’autrefois. D’après l’une des enquêtes les plus importantes réalisées par le HCP, en 2007, le nombre d’unités informelles (UI) était de 1 550 000 unités, avec une croissance annuelle moyenne de 40 000 unités. Ainsi, à date d’aujourd’hui, le nombre d’UI dépasserait 2 millions d’unités.

L’informel contribue à presque 15% du PIB, d’après le HCP

57,4% exercent leurs activités informelles dans le petit commerce de détail et 25% dans les services. 70% opèrent dans le milieu urbain. Plus de la moitié de ces unités se situent dans la région de Casablanca et plus de 49% ne disposent pas de local.

En 2007, l’informel employait 2,216 millions de personnes, avec une concentration de 53,2% dans le commerce. Avec une moyenne de trois personnes par personne active, ce sont 6,648 millions de bouches à nourrir.

La pandémie en cours s’annonce durable. L’informel est aussi une réalité nécessitant des actions prioritaires, urgentes et ciblées. La solidarité est le meilleur ciment des peuples et des nations.

Challengenews
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