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Comment la Bourse de Casablanca a rattrapé ses pertes de 50 milliards de DH essuyées en 2018

Alors que la Bourse de Casablanca avait vu en 2018 sa capitalisation fondre de 50 milliards de DH, elle a, contre toute attente, bouclé l’année 2019 sur une franche progression. Mieux encore, la capitalisation boursière a augmenté de 44 milliards de DH, rattrapant quasiment ses pertes d’une année auparavant. Comment en est-on arrivés là ? Reprise ou simple soubresaut ? Qui sont les gagnants et les perdants de ce marché boursier 2019 ? Quelles sont les actions à acheter pour gagner en 2020 ?  


Au-delà des attentes. C’est ainsi que l’on peut qualifier la prestation des sociétés cotées à la Bourse de Casablanca au titre de l’exercice 2019. Conscients que la conjoncture économique nationale et internationale était toujours peu favorable, les analystes tablaient sur une stagnation des bénéfices de la cote, voire une légère baisse au pire des cas. En fin de compte, la place casablancaise a clôturé l’année 2019 dans une meilleure posture que ce que les analystes attendaient. Le Moroccan All Shares Index (MASI) a fini l’exercice avec une progression de 7,1 %, contre une baisse de 8,2 % enregistrée en 2018. Et cet indicateur n’est pas le seul à avoir positivement évolué durant l’année écoulée. Outre le volume transactionnel global, la capitalisation boursière a progressé de 7,7 %, soit plus de 44 milliards de DH, pour atteindre un niveau de 626,7 milliards de DH, rattrapant quasiment ses pertes de près de 50 milliards de DH de 2018. Comment en est-on arrivé là ? Pourtant, tout porte à croire que cette performance finale n’est pas réellement représentative de ce qui s’est passé pendant toute l’année, qui avait commencé avec plusieurs profit-warnings. «Il faut se rappeler que l’année 2018 a été le théâtre de fortes secousses à la Bourse de Casablanca, particulièrement le boycott qui a affecté directement 2 valeurs cotées mais avec des répercussions indirectes sur une grande partie du marché. C’est après cette année  extrêmement  difficile et un 1er semestre 2019 plutôt en doute auprès des investisseurs que la Place de Casablanca a repris du poil de la bête pour boucler une belle année avec une orientation bien positive. Ce revirement semble, à notre avis, tenir compte des indicateurs d’activité des sociétés cotées au troisième trimestre 2019 qui présagent un retour à la croissance de leur capacité bénéficiaire globale et d’une confirmation de la tendance baissière des taux favorisant l’arbitrage pour l’action », expliquent les analystes du Bureau de Recherche de BMCE Capital.

En effet, au début du premier semestre, la consolidation s’est poursuivie pendant les deux premiers mois de l’année 2019, même si celle-ci n’a pas perduré face aux résultats annuels décevants des sociétés cotées. «Jusqu’à fin Mai, un renversement de tendance est observé quand les investisseurs se montrent désormais optimistes face aux bons résultats du premier trimestre affichés par les banques et cimenteries. Vers la fin de ce premier semestre, les regards sont tournés sur l’OPV de Maroc Telecom quand le titre Maroc Telecom a tiré le MASI vers son deuxième plus bas niveau à 10963 points avant sa suspension. Mais juste après la reprise de sa cotation, il n’a pas tardé à créer un appel d’air pour le marché, le portant vers son plus haut semestriel à 11507 points (surtout grâce à la nouvelle décision visant à accroître les ratios prudentiels des OPCVM de 15 à 20%)», soulignent les experts de CDG Capital Research qui précisent également que le deuxième semestre a démarré sur une note plus hésitante entre juin et fin septembre avec une phase d’escalade suite à l’OPV de Maroc Telecom et une phase de retombée suite aux publications semestrielles quand la place a affiché une baisse du résultat net de 4,3%. «Le rallye est reparti à partir du mois d’octobre, focalisé sur la baisse des taux qui ont atteint leur plus bas niveau en novembre 2019, mais aussi sur des éléments fondamentaux comme les résultats trimestriels des entités cotées qui affichent une hausse du chiffre d’affaires cumulé à fin Septembre 2019 de 2,7%, profitant ainsi des flux à destination des grandes capitalisations», affirment-ils. 

C’est dire que malgré ce fait, la Place de Casablanca a été sevrée de papier frais durant l’année écoulée, alors que deux sociétés avaient réalisé leur IPO une année auparavant (Immorente et Mutandis), les investisseurs ont gagné à la fois en confiance et en visibilité sur le marché boursier. Pour les analystes du Bureau de Recherche de BMCE Capital, cela est vrai, «d’autant plus que les perspectives semblent bien s’améliorer dans un contexte de légère reprise économique attendue en 2020 avec un taux de croissance de +3,6% et d’une poursuite escomptée de l’arbitrage pour le marché actions, lui-même devant être soutenu par des capacités bénéficiaires que leur Bureau de Recherche estime en hausse en 2019 de 3,6% à 30,4 milliards de DH et en 2020 de 6,5% à 32,3 milliards de DH, ainsi que par l’expectative d’un rebasculement du MSCI Frontier en faveur du Maroc après le passage du Koweït au niveau Emerging prévu vers le milieu de 2020.

Contrairement au début de l’année dernière, pour ce début d’année 2020, les analystes semblent très confiants quant au bon comportement de la Bourse de Casablanca durant l’actuel exercice.  «Nous anticipons une poursuite de la tendance haussière sur le MASI en 2020 avec une forte focalisation sur les valeurs à rendement, liquides et opérant dans des secteurs à risque modéré, en ligne avec l’appétence aux risques des investisseurs, préalablement positionnés sur des investissements en obligations», affirme Ahmed Rochd, Head Of Equity Research chez Valoris Securities, qui estime  tout de même que cette orientation devrait être naturellement moins favorable aux valeurs spéculatives et de tailles modérées. «Cependant, la présence d’un climat propice aux investissements en bourse en 2020, couplée à une amélioration progressive du rythme de croissance économique grâce aux prochaines politiques de l’Etat prévues pour 2020 (hausse des investissements publics, réduction de l’impôt sur des sociétés industrielles de tailles moyennes et la protection vis-à-vis des importations) pourrait créer un intérêt sur les valeurs spéculatives au 2 ème semestre 2020», prédit-il.

En attendant, la Bourse de Casablanca a entamé une année 2020 sous de bons auspices, avec l’entrée en vigueur de la nouvelle réglementation de l’Autorité marocaine du marché des capitaux. «Cette nouvelle réglementation ouvre de grandes perspectives pour la Bourse de Casablanca avec la mise en place d’un marché à terme, le développement d’un compartiment alternatif, le lancement des OPCI et l’initiation escomptée des ETF. Il s’agit d’une évolution majeure dont le spectre des retombées doit concerner bien sûr 2020, mais bien au-delà sur plusieurs années. Ce sont de nouvelles pierres qui s’ajoutent à la construction d’un édifice qui se veut aux standards internationaux et qui soit au diapason des attentes des investisseurs aussi bien nationaux qu’internationaux », analysent les experts du Bureau de Recherche de BMCE Capital.

2015

Après avoir commencé l’année sous de bons auspices, la Bourse s’est inscrite, à partir du 10 mars 2015, dans une trajectoire baissière continue et a clôturé l’exercice dans le rouge. Parmi les faits marquants de cette année-là, on peut citer : l’annonce du groupe Addoha d’un nouveau plan triennal baptisé « Plan Génération Cash », la crise dont souffre le pôle Construction du groupe Alliances, qui a obligé la société cotée à communiquer sur un plan stratégique, le dépôt d’un nouveau projet d’Offre publique de retrait portant sur les titres CGI non détenus par CDG Développement et CDG, les introductions en Bourse de Total Maroc et de la société Afma ou encore les déboires de la Samir.

2016

La Bourse des Valeurs de Casablanca s’est bien comportée en 2016, année durant laquelle le marché boursier a réalisé des performances exceptionnelles. L’année a connu des faits marquants, dont principalement l’opération de démutualisation de la bourse, l’introduction à la cote de Marsa Maroc, ainsi que la radiation d’Holcim suite à la fusion «LafargeHolcim».

2017

Après une année 2016 spectaculaire à la Bourse des Valeurs de Casablanca, le marché Actions parvient à maintenir le cap en clôturant l’exercice 2017 sous de bons auspices et ce, malgré l’affaissement accusé durant le mois de décembre 2017. Dans ces conditions, la cote positionne la variation annuelle de son indice général, au-dessus, du seuil psychologique des +6%.

2018

La Bourse de Casablanca a terminé l’année 2018 sur un territoire rouge, à 11 364,3 points, affichant un YTD de -8,3%, par rapport à un niveau de 12 388,8 points l’année dernière. Après un démarrage positif, atteignant un pic de 13 284,94 points, une tendance défavorable chronique s’étale pour couvrir l’année 2018. Les indicateurs de la bourse de Casablanca, Masi et Madex ont rétrocédé plus que leurs gains pour clôturer l’année sur une note négative.

2019

La Bourse de Casablanca a achevé l’année écoulée en bonne mine, ses deux principaux indicateurs, Masi et Madex, progressant respectivement de 7,11% et 7,43%.Et ces indicateurs ne pas les seuls à avoir positivement évolué. Outre le volume transactionnel global, la capitalisation boursière a progressé de 7,7 %, soit de plus de 44 milliards de DH, pour atteindre un niveau de 626,7 milliards de DH.

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