Emploi

Comment les communes peuvent aider l’emploi

Les communes sont aussi responsables de la lutte contre le chômage, en créant les conditions susceptibles de créer de l’emploi.  


Le débat sur les centres régionaux d’investissement et la charte de l’investissement partent dans tous les sens. On a l’impression que la décentralisation n’est qu’un vœu pieux et non pas une option fondatrice, puisque l’on dépossède les communes de toute prérogative de vision de l’espace au profit du ministère de l’Intérieur, qui jure qu’il agira « avec la mobilisation des élus locaux ».

Nous aboutissons à une vraie déresponsabilisation des collectivités locales, alors que le but annoncé est exactement inverse. C’est une problématique qu’il faut régler rapidement si l’on veut que le projet de déconcentration, révolutionnaire sur le papier, produise tous ses effets.

« Nous aboutissons à une vraie déresponsabilisation des collectivités locales »

Les communes sont en principe, initiatrices, ou tout au moins actrices de l’aménagement de leurs territoires. Il est impossible d’imaginer une politique de la ville, un aménagement du territoire au niveau national qui n’implique pas les élus locaux, non pas en tant que suiveurs mais en tant qu’acteurs. Prenons l’exemple de Safi, une ville que je connais bien. Safi-Sud est vouée à être une zone industrielle, polluante, mais créatrice d’emplois. Safi Nord peut devenir un vrai pôle touristique, les plages étant magnifiques. Mais le risque c’est que la ville, l’ancienne Médina et les quartiers avoisinants deviennent une ville dortoir.

Mais les communes ne peuvent pas se décharger sur le comportement centralisateur au-delà des textes, de l’administration. Pour créer un potentiel d’emplois, elles ont toutes les compétences pour agir. Susciter le passage de l’informel au formel d’activités qui existent déjà, paraît le plus simple.

On peut prendre en exemple la restauration des rues. Partout vous avez des gens qui vendent des produits  cuisinés. Il n’y a aucun contrôle sanitaire, aucun impôt récolté. Mais comme il y a une clientèle, souvent des travailleurs sous-payés, c’est un commerce qui se développe, avec la complicité des autorités, puisqu’il ne respecte aucune règle. Pourquoi ne pas aménager des espaces à des trucking foods, créer des commerces pérennes dans la légalité ?

Les communes investissent, lancent des travaux. Rien dans la loi ne leur interdit d’exiger une préférence locale dans leurs appels d’offres, en cas de sous-traitance. Il n’est pas normal qu’une région ne bénéficie en rien de l’investissement de ses contribuables, durant les travaux. Il est d’ailleurs nécessaire de changer la loi sur les marchés publics. Pourquoi est-ce qu’une entreprise de Casablanca, grande par sa taille et ses références, concurrence les PME d’Amizmiz pour des marchés d’un million de dirhams, qu’elle sous-traite dans la majorité des cas. Fixer un montant, en dessous duquel la préférence régionale peut jouer n’est pas dénué de sens.

Les élus locaux ne gèrent plus ni les transports publics, ni le ramassage des ordures, ni la distribution d’eau et d’électricité. S’ils ne peuvent pas influer sur l’emploi, l’attractivité de leur ville, à quoi servent-ils ?

Challengenews
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