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Communication financière : Où sont les bons élèves ?

 
Publication des états financiers à la dernière minute, retard de l’annonce des profits warning, la non disponibilité d’un agenda financier demeure les principales lacunes de la communication financière des sociétés cotées.
 
A mi-septembre, seulement 30% des sociétés cotées ont communiqué leurs résultats semestriels dans le délai de trois mois qui leur est imparti. 70% donc d’entre elles devrait le faire dans deux prochaines semaines. De plus, à deux semaines de la date butoir des publications des résultats semestriels, certaines grandes valeurs n’ont pas encore dévoilé leurs chiffres.
 
Pourquoi s’y prennent-elles à la dernière minute ?
 
Contacté par challenge.ma, le CDVM répond à cette question par le fait  que le processus d’arrêté des comptes est très différent d’une société à une autre. Il dépend de plusieurs facteurs, tels que les règles de gouvernance, l’organisation, la taille, l’appartenance à un groupe ou non, le secteur d’activité…  qui font que les délais de préparation des comptes, de leur revue par les commissaires aux comptes et de leur validation par le conseil d’administration peuvent être plus ou moins longs.
 
De plus, pour le CDVM, le plus important est que, d’une part, la date limite de publication soit respectée par tous et, d’autre part, que le contenu de l’information soit exhaustif et de qualité. « Il s’agit de deux aspects sur lesquels nous sommes particulièrement vigilant » précise le régulateur du marché financier.
 
Timing atypique pour le profit warning
 
Par ailleurs, le timing des Profit Warning est souvent atypique. A titre d’indication, certaines sociétés cotées alertent le marché sur leurs résultats deux semaines de la fin de la période légale d’annonce. En principe, le Profit Warning devrait être lancé avant la clôture des résultats et non juste avant la période des publications. Surtout, l’intérêt du profit warning est de communiquer sur une détérioration des bénéfices pouvant provenir de plusieurs éléments alarmants comme la hausse des prix d’achats ou la chute des volumes vendus.
 
« Evidemment, si le profit warning est publié à quelques semaines voir quelques jours seulement de la date de publication des résultats il perd tout son intérêt » confirme le CDVM.
 
Aujourd’hui, avec les systèmes d’informatisation modernes de comptabilité , la société a une connaissance de la tendance des résultats quasiment en temps réel. Ainsi, une fois le processus convergent de la baisse des résultats est certain, le Profit Warning peut et devrait être porté au grand public.
 
Sur ce niveau, le CDVM nous déclare qu’il ne peut pas fixer une période ou un délai prédéterminé pour communiquer les profits warning. Il est plutôt dans l’analyse au cas par cas du timing opportun de publication du profit warning.
 
Pas d’agenda financier
 
Enfin, la non disponibilité d’un calendrier de publication des résultats et de la tenue des conférences constitue également une lacune pour la communication financière relative aux résultats semestriels et annuels des sociétés cotées. Pourtant, la tenue des points de presse assure une transparence, une égalité d’accès à l’information pour les investisseurs ainsi que la possibilité d’interagir avec le management de l’émetteur.
 
« Effectivement, nous considérons que ces mesures relèvent des best practices en matière de communication financière que devraient adopter toutes les sociétés cotées.  Nous encourageons l’application de ces mesures à travers des actions de sensibilisation des sociétés concernées et la publication de la liste des sociétés qui organisent ces manifestations mais sans aller toutefois jusqu’à l’instauration d’une obligation formelle qui pourrait être trop contraignante dans certains cas »  nous précise le CDVM.
 
 
 
 
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