Pandémie

Coronavirus : ce que coûte la prise en charge d’un patient dans une clinique privée

Aux côtés du secteur public qui est en première ligne dans la prise en charge des patients atteints du nouveau coronavirus, certaines cliniques privées envisagent de se dédier exclusivement aux soins des clients Covid-19. Pour l’heure, un seul établissement a franchi le pas.

Dans la crise sanitaire actuelle du nouveau coronavirus, la collaboration entre hôpitaux publics et cliniques privées n’a pas été tout de suite opérationnelle. Au début de l’épidémie, seul le secteur public a pris en charge les patients atteints du coronavirus. Mais au vu de la propagation de l’épidémie, les cliniques privées se sont engagées par la suite auprès du Ministère de la Santé en mettant à disposition leurs équipements et leurs locaux pour certains de ces établissements de soins privés (utilisés surtout en renfort). En effet, c’est un mois après le début de la crise, que le privé a été associé à la lutte contre la propagation du Covid-19 au Maroc. Si la montée du nombre de cas de personnes touchées par la Covid-19 a fait entrer les cliniques privées dans la lutte contre le coronavirus, depuis juin dernier également, elles ont été invitées à récupérer leurs équipements qu’elles avaient précédemment mis à la disposition du Ministère de la Santé et des citoyens, en réponse à l’appel de mobilisation de toutes les ressources et les énergies disponibles pour faire face à la pandémie du coronavirus et à ses conséquences.

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Aujourd’hui, malgré la recrudescence des cas positifs, la maladie est bien contrôlée : le nombre de guérisons augmente et de nouvelles capacités litières sont arrivées. Seul bémol : de nombreux cas graves et de décès sont enregistrés, obligeant le Ministère de la Santé à recourir au privé, du moins pour des respirateurs. « Depuis deux semaines, nous avons réadressé les respirateurs à la tutelle. Parallèlement, des médecins du privé sont en renfort à la clinique Ziraoui », ajoute Redouane Semlali, président de l’Association nationale des cliniques privées (ANCP).

Aujourd’hui, même si certaines cliniques privées excluent d’accueillir des patients du Covid-19 afin de protéger leurs malades atteints d’autres pathologies, d’autres pensent cependant à envisager la prise en charge de ces types de patients en se convertissant en centres hospitaliers dédiés exclusivement aux soins des patients Covid-19. « Actuellement, il n’y a rien qui interdit les cliniques de prendre en charge ce type de patients. Et pour l’heure, une seule clinique privée a dédié entièrement son établissement au traitement des patients Covid-19. Il faut dire que cet établissement, à travers son implication aux côtés du public dans la lutte contre la pandémie, a acquis une expertise », précise Redouane Semlali.

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Engagé depuis fin mars dernier à travers sa clinique privée De Vinci et ses équipes, qu’il a mises à la disposition de la Direction régionale pour la région de Casablanca-Settat (sous tutelle du ministère de la Santé) pour accueillir et soigner les patients contaminés par la Covid-19, Pr Jaâfar Heikel, était au tout début de l’épidémie au cœur de la lutte contre le Coronavirus. Cet épidémiologiste et infectiologue, expert International, qui a récupéré actuellement sa clinique, a dédié celle-ci exclusivement aux soins des patients Covid-19. « Nous continuons à recevoir les patients Covid envoyés par le Ministère de la Santé que nous traitons gratuitement. La tutelle nous fournit gratuitement les médicaments, à savoir l’hydroxychloroquine et l’azithromycine. Parallèlement, nous prenons en charge la clientèle privée », explique Pr Jaâfar Heikel. Quid alors des tarifs pratiqués par la clinique De Vinci ? Selon l’épidémiologiste et infectiologue, il faut compter 12.000 DH à 15.000 DH pour une prise en charge de 7 à 10 jours. « Pour les 10 % de cette clientèle qui n’ont pas assez de moyens financiers, nous les faisons bénéficier d’une réduction », tient à préciser Pr Jaâfar Heikel. Il reste que les clients Covid doivent débourser plus en cas de réanimation. Autre choix proposé par la clinique De Vinci, le traitement et le suivi à domicile, qui s’avère moins coûteux. De toute façon, c’est l’option à envisager actuellement par manque de place. « Il n’y a plus de place disponible. Depuis deux semaines, nous avons 100 % de taux d’occupation », souligne le Directeur général de la clinique De Vinci à Casablanca.

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