Economie numérique

Coronavirus : les startups à l’agonie

Frappées de plein fouet par la crise sanitaire actuelle, de nombreuses startups du royaume ne savent plus à quel saint se vouer.


Les startups sont durement frappées par la crise sanitaire. Déjà fragiles en temps normal, ces petites structures se retrouvent aujourd’hui dans une situation très délicate depuis que le confinement a été décrété. Annulation de contrats, de commandes par certains  donneurs d’ordre, difficulté à payer les loyers… les difficultés sont de plusieurs ordres. « La situation est très critique », tranche Mehdi Alaoui, fondateur de la Factory, incubateur qui accompagne des centaines de startups dans le royaume, et aussi Vice-président de l’APEBI.

« La majorité des startups ont perdu leurs marchés. Les deals sont annulés ou complètement décalés à la période post-crise. Donc, il y a des startups qui sont complètement affaiblies par cette situation qui vient s’ajouter à tous les maux que nous connaissions déjà tels que les délais de paiement. Une grande partie des entreprises ont carrément arrêté de payer les startups, même pour des prestations déjà réalisées, parce qu’il y a une incertitude sur l’avenir, et ces entreprises préfèrent garder le cash et retarder les paiements », explique Mehdi Alaoui.

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Face à ce manque de visibilité pour la majeure des parties des startups, la solution aujourd’hui, pour celles qui ont pu maintenir une activité, est de limiter les dépenses et les charges. Il va sans dire que les startuppeurs du pays attendent de pied ferme la reprise économique. Mais, pour le moment, ils devront encore s’armer de patience. « Suite à la requête de nombreuses startups installées dans les différents Technoparks du Maroc, nous avons officiellement demandé à la société qui gère le Technopark de geler les loyers pour permettre à ces petites structures de respirer, un temps soit peu. Mais, nous avons reçu un refus catégorique. Ils nous ont fait comprendre qu’il n’est pas question de geler les loyers. Même si le Technopark est une entreprise privée, il n’en demeure pas moins que ses actionnaires sont l’Etat, la CDG, Attijariwafa bank, BMCE Bank et la BP, et donc nous attendions au moins un geste de solidarité. C’est une réponse que nous déplorons parce que vu la situation actuelle, il est primordial de s’entraider », souligne le Vice-président de l’APEBI.

« Ce qui va se passer, c’est que ces startups vont mourir et vont quitter le Technopark. Autant faire un geste de  solidarité maintenant afin de réussir à en garder un maximum. Ce serait bien que le Technopark revoit sa position vis-à-vis de ces startups et même aussi vis-à-vis des structures d’accompagnement des startups. Au niveau du Comité de Veille Economique, nous sommes représentés par la CGEM sur le sujet et elle se charge de remonter nos préoccupations au gouvernement et au CVE. Je pense que les autorités peuvent envisager d’accorder un crédit à des taux préférentiels ou à taux zéro à l’instar de ce qui a été fait pour les auto-entrepreneurs », soutient-il.

Toutefois, la bonne nouvelle pourrait venir, dans les prochains jours, de la Caisse Centrale de Garantie (CCG), qui pilote le fonds Innov Invest. En effet, une source bien informée au sein de la Caisse confie à Challenge qu’un plan de soutien est en cours. « La CCG est en train d’étudier la possibilité d’un soutien momentané étalé sur les mois d’avril, mai et juin au profit de l’écosystème Innov Invest (incubateurs, accélérateurs et bien sûr les startups qui sont dans leur giron). Il y a des propositions qui ont été faites par l’association Moroccan Start-up Ecosystem Catalysts (MSEC) et qui sont en train d’être examinées en collaboration avec le ministère de tutelle pour pouvoir mettre en place des solutions au moins sur la période d’avril à juin. L’objectif est de sauvegarder ce que nous avons construit », conclut notre source.

 
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