Banques

Covid-19 : le RNPG d’Attijariwafa bank chute presque de moitié en 2020

Conséquences de la crise sanitaire et économique relative à la pandémie de la Covid-19, le résultat net part du groupe (RNPG) d’Attijariwafa bank ressort en baisse de presque 50% au 31 décembre 2020.


Nul doute que 2020 est l’une des années les plus compliquées pour le secteur bancaire marocain. En témoignent les résultats financiers au titre de l’année écoulée du premier groupe financier marocain, donnant dans la foulée un avant-goût amer à la saison des publications financières annuelles des grandes banques de la place. Déjà en chute de 55% à fin septembre, la dégradation de la capacité bénéficiaire d’Attijariwafa bank s’est confirmée. Le champion national de la banque et de l’assurance a en effet enregistré un résultat net part du groupe (RNPG) d’à peine 3 milliards de DH sur l’ensemble de l’année 2020 contre près du double un an auparavant. Une contre-performance qui était tout de même prévisible.
Aussi, la hausse modérée du Produit Net Bancaire (23,9 milliards de DH , soit +2%) a été rapidement balayée par la contribution au Fonds Covid-19 et surtout le bond considérable du coût du risque qui a atteint 5,5 milliards de DH soit une hausse de 243% ! Dans une conjoncture de crise sanitaire et économique majeure, la dégradation substantielle du risque de crédit a pesé lourd dans le bénéfice dégagé par la première banque marocaine.

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Il faut dire qu’au titre du seul bucket 3 sous IFRS 9 (composante du portefeuille qui couvre les instruments financiers ayant connu un ou plusieurs événements de défaut et dont des pertes avérées de crédit sont attendues à maturité), le leader bancaire marocain a dû provisionner plus d’un milliard de DH sur ses comptes consolidés sans compter un autre milliard de DH additionnel de provisions « ordinaires » comptabilisés sur ses comptes sociaux pour couvrir la hausse des créances en souffrance. En somme, le coût du risque (provisionnement rapporté à l’ensemble des crédits distribués qui avoisinent les 360 milliards de DH) a bondi à 1,51% contre à peine 0,46% un an auparavant !

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Au demeurant, avec une année 2020 qui a eu pour seul mérite de finir rapidement (même si ses conséquences économiques, sociales et psychologiques l’ont par moment rendue interminable), les yeux des analystes financiers qui scrutent les résultats du secteur bancaire (notamment ceux qui sont cotés à la bourse comme Attijariwafa bank) vont être davantage rivés sur le potentiel et la rapidité de sortie de crise en 2021 voire 2022 davantage que sur la performance 2020 dont on ne peut qu’espérer limiter la casse !

 
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