Santé

Coronavirus : Pourquoi le Maroc a réquisitionné le stock de Nivaquine et de Plaquenil du laboratoire Sanofi

Dans sa volonté de prendre toutes ses responsabilités en matière de gestion de crise, le Ministère de la Santé a réquisitionné, cette après-midi du 19 mars 2020, l’ensemble du stock nivaquine et  Plaquenil de Sanofi Maroc. Les raisons ?


Jusque-là, au départ et au retour d’un voyage dans un pays d’Afrique subsaharienne, il était conseillé aux Marocains de prendre par précaution la nivaquine, un médicament antipaludéen commercialisé depuis 70 ans. Fabriqué sur le site industriel de Sanofi Maroc à Casablanca Zenata en petite quantité pour cette cible et les Subsahariens de retour ou après un séjour en Afrique, la chloroquine sulfate  communément appelée « nivaquine » est dans le traitement curatif et préventif du paludisme. Mais depuis cette après-midi du 19 mars 2020, le Ministère de la Santé a réquisitionné tout le stock de Nivaquine de Sanofi Maroc. Il faut dire que le Royaume, à l’instar des pays occidentaux, prend très au sérieux la question de la chloroquine qui s’avère une piste pour lutter contre l’épidémie de coronavirus. Autrement dit, la course aux traitements contre le nouveau coronavirus a remis sur le devant de la scène la Nivaquine. Ce jeudi 19 mars, Donald Trump a annoncé que les États-Unis approuvaient le recours à la chloroquine qui a « montré des résultats préliminaires très très encourageants ». « Nous allons pouvoir rendre ce médicament disponible quasiment immédiatement », a assuré le président américain lors d’une conférence de presse à la Maison-Blanche, estimant que cela pourrait « changer la donne » face à la pandémie. Du côté de la Chine, une vingtaine d’essais cliniques sont en cours pour explorer l’efficacité de cette molécule ou d’un analogue, l’hydroxychloroquine (Plaquenil), chez des patients infectés par le Covid-19.  En France, une étude clinique vient également d’être lancée par le professeur Didier Raoult, directeur de l’IHU Méditerranée Infection (Marseille). 

Logique donc que le Maroc prenne les devants en anticipant sur les événements. « Sanofi Maroc à répondu favorablement à la demande du Ministère de la Santé de mettre à sa disposition l’intégralité de son stock actuel. L’approvisionnement ainsi que les conditions d’utilisation de ce produit seront du ressort exclusif du Ministère de la Santé au Maroc », dit-on auprès de Sanofi Maroc où l’on tient tout de même à préciser que « le traitement du virus COVID-19 ne fait pas à ce jour partie des indications de la chloroquine ».

Dans sa volonté de prendre toutes ses responsabilités en matière de gestion de crise, le Ministère de la Santé a réquisitionné également l’ensemble du stock d’ hydroxychloroquine sulfate, communément appelé «Plaquenil », un médicament importé et commercialisé par Sanofi Maroc. « Le Plaquenil est utilisé dans le traitement de la polyarthrite rhumatoïde et des maladies du collagène, notamment le lupus érythémateux disséminé. Il est également utilisé dans la prévention des lucites », explique-t-on auprès de la filiale marocaine du laboratoire pharmaceutique français. Pour rappel, Sanofi Maroc qui indique avoir répondu favorablement à la demande du Ministère de la Santé de mettre à sa disposition l’intégralité de son stock actuel de Plaquenil, fabrique 80 % de ses médicaments dans le Royaume et importe les 20 % restants.

En France, le professeur Didier Raoult qui a lancé une étude clinque sur le traitement via ce médicament estime que les résultats préliminaires semblent spectaculaires. En effet, au bout de six jours de traitement par Plaquenil, 25 % seulement des patients seraient encore porteurs du virus, la proportion étant de 90 % chez ceux ne recevant pas le traitement. Pour autant, du côté de Sanofi Maroc, on préfère nuancer. « Les données cliniques disponibles à ce jour sont insuffisantes et ne permettent pas de tirer de conclusions définitives sur l’efficacité clinique ou la sécurité de l’hydroxychloroquine (ou de la chloroquine) dans la prise en charge de l’infection virale COVID-19. Les résultats préliminaires d’une étude pilote française indépendante demandent à être analysés de manière plus approfondie et des études cliniques de plus grande ampleur et plus robustes doivent être menées pour confirmer le profil bénéfices/risques du Plaquenil  dans le traitement de la COVID-19 », précise Sanofi Maroc qui dit « suivre de très près en collaboration avec le Ministère de la Santé l’évolution de tout cela ».   

  • Nivaquine  
  • Dénomination Commune Internationale : chloroquine sulfate est indiqué dans le traitement curatif et préventif du paludisme.
  • Prix de vente public : 12DH, boite de 20 comprimés (100 mg)
  • Fabriqué sur le site industriel de Sanofi au Maroc 
  • Plaquenil
  • Dénomination Commune Internationale : hydroxychloroquine sulfate 
  • ll est utilisé dans le traitement de la polyarthrite rhumatoïde et des maladies du collagène, notamment le lupus érythémateux disséminé. Il est également utilisé dans la prévention des lucites.
  • Prix de vente public : 51 DH, boite de 30 comprimés (200 mg)
  • Importé par Sanofi Maroc
 
Article précédent

Le pressing à domicile vu par I lave U

Article suivant

Coronavirus : le confinement devient obligatoire