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Crise de Sebta : l’Europe hausse le ton

Le vice-président de la Commission européenne, Margaritis Schinas, a déclaré ce matin que l’Europe « ne se laissera guère intimider par personne » après que Sebta a vu un nombre record de migrants se déverser sur son territoire depuis le début de cette semaine.


M. Schinas a déclaré à la radio espagnole que l’Europe ne serait « pas victime de ces tactiques » après que quelque 8 000 migrants ont atteint les plages espagnoles depuis le Maroc dans un climat où régnaient « indifférence et souplesse » de la part des forces de sécurité du côté marocain. Le vice-président de la Commission européenne a rajouté que « Sebta est l’Europe, cette frontière est une frontière européenne et ce qui s’y passe n’est pas un problème pour Madrid seulement, mais un problème pour tous les Européens ».

Cette arrivée soudaine de milliers de migrants depuis le Maroc à Sebta et Melillia intervient dans un contexte de tensions croissantes et de crise diplomatique majeure dont souffrent les deux pays depuis quelques semaines. Pour rappel le point de déclenchement de cette crise fut l’accueil et la décision de Madrid de fournir un traitement médical au leader de la RASD, Brahim Ghali, atteint par le COVID-19.

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Face à la gravité de la situation, le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez s’est rendu mardi après-midi à Sebta, avant de prendre la route à Melillia. Sur un ton plus serein et diplomatique, le socialiste a déclaré que « le Maroc est un pays ami et nous espérons qu’il le restera grâce au renforcement des relations bilatérales ». Il a rajouté que l’Espagne et le Maroc allaient travailler conjointement pour rétablir l’ordre dans les plus brefs délais : « Nous allons rétablir l’ordre dans la ville et à nos frontières le plus rapidement possible », qualifiant l’arrivée soudaine de ces milliers de migrants de « grave crise pour l’Espagne et pour l’Europe ».

De son côté, le Maroc continue de mener le bras de fer diplomatique avec l’Espagne qui l’accuse d’instrumentaliser la question migratoire. L’Europe avait pourtant été claire que de tels manigances ne seraient guère tolérées, lors des crises précédentes avec la Turquie.

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Le Maroc a immédiatement rappelé, hier, son ambassadrice à Rabat « pour consultation » à la suite de la convocation de cette dernière par le ministère espagnol des affaires étrangères. Mme Benyaich a déclaré à Europa Press que dans les relations entre pays, il y a des actes qui ont des conséquences et qu’il faudrait donc assumer ces dernières dans une référence à la décision de l’Espagne de fournir des soins médicaux au chef du polisario, rapporte Europa press. « Les relations entre pays voisins et amis doivent être fondées sur « la confiance mutuelle », qui doit être travaillée et entretenue », a précisé l’ambassadrice marocaine.

 
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