Finance

Dar Assafaa ne convainc toujours pas

Pour le moment, la filiale dédiée à la finance islamique d’Attijariwafa bank ne cumule qu’un encours à peine supérieur à 700 millions de dirhams. La société essaie de jouer la carte de la proximité en diversifiant son offre. Le secteur bancaire suit avec beaucoup d’intérêt son évolution.


D

e l’avis même de Mohamed Kettani, président directeur général du groupe Attijariwafa bank, Dar Assafaa est loin des réalisations attendues par rapport au business plan initial. Il s’exprimait lors de la publication des résultats semestriels de son établissement, en septembre dernier.

Dar Assafaa est la filiale du groupe bancaire qui est spécialisée dans le financement alternatif, en d’autres termes c’est la société de financement islamique d’Attijariwafa bank. Initialement, Dar Assafaa, dont le capital est contrôlé via Wafa Immobilier, n’était spécialisé que dans l’immobilier. Mais désormais, elle offre toute une palette de crédits, allant de l’immobilier à l’automobile, en passant par l’équipement ménager ou le crédit personnel. Malgré cela, l’activité n’est toujours pas à son niveau optimal, même si la société ne parle pas d’argent.

En effet, au premier semestre 2013, elle affiche une capacité bénéficiaire de 3,5 millions de dirhams seulement. Bien qu’en nette amélioration de 81% par rapport à la même période 2012, ce résultat reste encore faible.

Il serait difficile d’en faire plus si l’on sait que l’activité est très limitée. En effet, son encours global des créances sur la clientèle est limité à quelque 708 millions de dirhams et ne permet de générer qu’un modeste produit net bancaire (PNB), limité à 7,5 millions de dirhams.

A titre de comparaison, Eqdom, leader du secteur des sociétés de financement cumule quelque 10,2 milliards de dirhams d’encours de crédit clientèle à fin juin 2013, pour un PNB semestriel de 357 millions de dirhams. Même une société de crédit de taille modeste comme la Sofac cumule quelque 2 milliards de dirhams d’encours de créances sur la clientèle, soit près de trois fois plus que Dar Assafaa.

 Pourtant, il y a une véritable volonté d’être proche de la clientèle, d’assurer la croissance de l’activité de la société. En effet, Dar Assafaa est présente dans huit grandes villes, allant de Casablanca à Oujda et de Tanger à Agadir en passant par Rabat, Fès Marrakech et Meknès. Au total, elle dispose d’une dizaine d’agences, dont trois dans la capitale économique, Casablanca.

De plus, la société ne cesse d’étoffer son offre. Désormais, la clientèle a même la possibilité d’ouvrir un compte bancaire et de disposer d’un chéquier et d’une carte de paiement et de retrait. Ce dernier fonctionne donc comme tout compte bancaire, à la différence qu’il ne peut être débiteur et par conséquent, ne supporte pas d’agio.

Il faut dire que l’ensemble des banques de la place observent avec beaucoup d’intérêt l’évolution de la société Dar Assafaa. Car, c’est pour elle, une sorte de ballon d’essai, en attendant que les banques islamiques ne soient autorisées de manière plus claire, à travers la nouvelle loi bancaire.

Il convient de rappeler que Dar Assafaa a été créée suite à l’autorisation donnée aux établissements de crédit de mettre en place trois types de produits alternatifs. La nouvelle loi bancaire, toujours en projet, réglemente l’activité des banques participatives à travers une vingtaine d’articles suivant les principes de la Chariâa.

Quoiqu’il en soit, pour le moment, la finance islamique a encore du chemin à faire au Maroc, et visiblement il ne s’agit pas d’une question de réglementation. La réticence de la clientèle pourrait tenir au fait que ce sont jusqu’ici les banques classiques qui offrent encore les produits alternatifs.  

 
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