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De drôles de combats !

L’opposition réclame un vote de confiance au nouveau gouvernement, qui s’y refuse. Il se trouve que le peuple a d’autres soucis. 


L

e gouvernement Benkirane II est installé. C’est un vrai changement de majorité puisque l’Istiqlal a quitté le navire et que le RNI l’a remplacé. L’opposition croit en la nécessité d’un nouveau vote de confiance. Les arguments ne manquent pas. Il ne s’agit pas d’un remaniement technique, mais d’un changement de majorité. Les constitutionnalistes sont presque unanimes, Abdelilah Benkirane doit solliciter le vote des élus.

Il se trouve que la population s’en moque. Les politiques, de tous bords, oublient l’essentiel. La chose publique, c’est de s’occuper des gens et de leurs problèmes. Nous assistons en live au divorce entre la représentation et les représentés, ou censés l’être. Que va nous apporter la présentation d’un nouveau programme gouvernemental, qui de toutes les façons ne sera pas respecté. Rien !

Abdelilah Benkirane, Chef du gouvernement.

C’est le RNI qui est en cause, il a accepté de se joindre à une majorité, dirigée par le PJD, alors même qu’avant les élections, il avait dirigé le G8, contre cette tendance, qu’il a voté contre ce gouvernement.

Entrer dans ces débats c’est préférer le virtuel à la réalité. La vraie vérité c’est que les citoyens s’en foutent. Que Benkirane vienne devant le parlement, débiter un texte et recevoir le vote des élus de la majorité, n’intéresse que les élus de l’opposition. Il n’y a pas un seul citoyen marocain qui s’en préoccupe.

Par contre, il y a une vraie effervescence sociale. La politique socio-économique n’est pas lisible. La hausse des prix est une réalité que tout chef de famille ressent. Des dossiers tels que la compensation, les retraites, la lutte contre la rente, sont du domaine public et intéressent réellement les marocains.

La construction démocratique, abandonnée par Benkirane et son staff, n’est pas la priorité des marocains. Les politiques pédalent dans la semoule. Ils proposent au pays des débats qui n’intéressent pas grand monde.

Pour construire une démocratie, il faut mobiliser la population. Celle-ci n’a aucun intérêt pour les joutes explicatives de la charte fondamentale. Par contre, elle est anxieuse face aux problématiques de la retraite et de la compensation. S’ils veulent qu’on vote, ils feraient bien de s’intéresser à nous. 

 
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