Pandémie

De la « guerre du feu » à la « guerre des vaccins »

L’être humain actuel est-il si différent de l’être humain des temps préhistoriques ? Plusieurs religions, cultures, civilisations furent inventées pour « désanimaliser » l’humain, l’ « expurger » de cette « animalité » intrinsèque qui dort en chacun de nous profondément. Est-ce la « peur de la mort » qui réveille cet instinct et ressuscite cette « animalité » que l’on croyait loin derrière nous ?


Les progrès scientifiques avancent. La solidarité humaine recule. En fait, le mode actuel de distribution des vaccins dans le monde est inséparable d’une réalité qui s’est développée au cours des dernières décennies, pour soumettre la santé humaine à la logique marchande, devenue ainsi « marchandise », comme n’importe quel autre bien ou service marchand. Cette logique actuellement répandue dans le monde fait que ce sont d’abord les pays riches et puissants qui sont en train de s’accaparer les premiers stocks de vaccins produits. Le « protectionnisme vaccinal » est actuellement cette expression profonde de la régression qu’a connue le monde, en matière de solidarité internationale.

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Ainsi Ursula Von der Leyen, présidente de la Commission européenne, sous l’impulsion de la chancelière allemande, Angela Merkel, s’apprête à faire adopter un texte visant à soumettre l’exportation vers des pays tiers des vaccins anti-Covi-19, à une procédure d’autorisation nationale préalable. C’est aussi le cas des Etats Unis d’Amérique où Trump, avant même son départ, avait signé un décret accordant la priorité à son pays dans l’acquisition des vaccins produits. Le Canada a aussi suivi l’exemple. Face à ce « nationalisme vaccinal », l’ « Alliance des peuples pour les vaccins », qui regroupe Oxfam, Amnesty et l’organisation World Justice, confirme ce constat, en affirmant que les pays riches ont déjà acheté une quantité de doses de vaccins suffisantes pour vacciner 3 fois leurs populations, et même 5 fois pour le Canada.

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Les populations des pays riches qui représentent 14% de la population mondiale, se sont déjà accaparées de plus de 80% des doses de vaccins fabriquées dans le monde. L’OMS a mis en place un programme dénommé COVAX pour la vaccination des populations des pays pauvres. L’Assemblée générale de l’ONU a même voté une résolution, dès le mois d’avril 2020, pour adopter le concept d’ « intérêt public mondial », applicable aux vaccins anti-Covid-19. Mais le programme COVAX exige, pour l’année 2021, un financement de 23 milliards de dollars. Et les pays riches sont actuellement trop occupés et voient ailleurs.  

 
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