Les chroniques de Jamal Berraoui

De la souveraineté populaire

Quotient électoral, les Marocains découvrent que cela existe et que c’est tellement important que la classe politique se déchire là-dessus. Oublions les aspects techniques politiquement. Prendre en compte les inscrits et non pas les votants, signifie la quasi impossibilité pour une liste d’avoir plusieurs sièges. Deux victimes par rapport à 2016, le PJD et le PAM qui ont eu des duos ou même des tiercés gagnants.


Les Islamistes considèrent que c’est une manœuvre contre eux, le PAM se mure dans le silence. Un silence assourdissant parce qu’il dit long sur son indépendance. Pour l’auteur de ces lignes, c’est encore une absurdité. Le PJD se trompe quand il parle de constitution, cela n’a rien à voir. C’est sur le plan politique que c’est absurde. Cela va limiter la possibilité d’émergence de partis dominants et donc de coalitions fortes. Les cinq premiers partis seront dans une fourchette très rapprochée. Un Chef de gouvernement, face à trois partis qui ont presque autant d’élus que lui, cela ne facilite pas les négociations.

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Croire que l’on peut limiter l’influence du PJD par des subterfuges est simplement idiot. Une nouvelle fois, ils utiliseront la victimisation et éviteront tout débat sur leur bilan catastrophique. En 2012, il y a eu le G8 qui les a boostés, en 2016 la fameuse manifestation de la honte et cette fois, le quotient électoral dont les citoyens ne retiendront qu’une seule chose, c’est que les Islamistes sont entravés ce qui va leur attirer des sympathies en dehors de leur sphère. Le meilleur moyen de les combattre, c’est de poser les divergences sur les valeurs, de questionner leur projet économique, s’ils en ont un. Mais il faut le faire dans la clarté, ce qui présuppose du courage intellectuel et dans le respect de l’éthique c’est-à-dire sans mensonges, ni subterfuges.

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Parce qu’ils ont déserté ce combat, de vrais démocrates se fourvoient dans le soutien à des artifices fallacieux. C’est dommage parce que c’est du pain béni pour le PJD. Si la mesure est abandonnée, les Islamistes auront gagné face à l’intérieur, à 24 partis et à la presse aux ordres. Si cette mesure est maintenue, ils joueront les victimes. Des millions de Marocains ne votent pas. Leur nombre ne peut qu’augmenter. Bravo les artistes de l’ombre !

 
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