Education

Education : De l’argent et après ?

La Loi de Finances augmente les dotations pour l’Education. C’est nécessaire mais loin d’être suffisant. C’est la vision et sa mise en musique qui primeront. 


Les dépenses prévues pour l’Education dépassent les 90 Millions de dirhams et représentent près de 30 % du budget. Relativement, nous avons déjà connu ces niveaux sans que cela empêche ou même ne fait qu’enrayer la chute aux enfers du système éducatif. Sur les vingt dernières années et à plusieurs reprises, le département de l’Education a représenté entre 28 et 30 % des dépenses publiques. Lors du fameux plan d’urgence d’Akhchichine, on était même légèrement au-dessus de ces pourcentages.

Cette année, il y a  l’effort nécessaire pour la formation professionnelle et l’application de la réforme pilotée directement par le chef de l’Etat, mais aussi l’application de la nouvelle feuille de route approuvée par le Parlement après un débat totalement hors-sujet sur l’identité et l’arabisation, alors qu’il s’agit de transmission du savoir et de sauvegarde de l’ascenseur social. Mais passons.

L’école au cœur de la nation

Pourquoi est-ce que nous n’arrivons pas à remettre l’école à l’endroit, malgré l’argent déversé et ce, depuis 40 ans ? Il y a plusieurs raisons en apparence indépendantes, qui prouvent la complexité de la question. D’abord l’idéologisation excessive du traitement. Feu Méziane Belafquih président de la COSEF, le reconnaissait volontiers, la composition même de ce Conseil était un problème, on parlait beaucoup plus de la formation du «bon citoyen», chacun selon ses fantasmes, que d’acquisition des compétences, ce qui est le cœur de métier de tout système de formation.

Ensuite, nous avons eu la conjonction de deux phénomènes : le faible intérêt des familles, échaudées par le chômage des diplômés et qui ont fini par nier le rôle d’ascenseur social de l’école, d’expression de l’égalité des chances et la dégradation des relations maître-élève. Il n’y a plus ni discipline, ni respect dans nos collèges et nos lycées. L’administration baisse les bras devant l’incivilité.

La question de la contractualisation est une hérésie. Si on veut réformer, il faut d’abord rehausser le statut de l’enseignant, non seulement au sein de l’institution mais socialement. La précarisation va à l’encontre de cet objectif. Il faut aussi protéger l’école dans son environnement. Marchands ambulants, dealers obstruent les portes des collèges, alors que les établissements scolaires doivent être sanctuarisés.

Des milliers de parents ont retiré leurs enfants du privé pour les remettre dans le circuit public. C’est un signe de confiance qu’il faut raffermir. Mais le changement de programmes ne suffit pas, la formation des enseignants, la qualité des équipements, la fermeté sur les questions éthiques sont la première étape de la renaissance. L’argent sans vision ne sert à rien.

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