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Déconcentration, régionalisation, le débat biaisé

Le secrétariat général du gouvernement a publié un document dit du 15 octobre, sur la déconcentration. Les débats reprennent, parce qu’il ferait la part belle aux walis, représentants de l’exécutif central et même de ce que certains appellent l’État profond. 


Le choix de la régionalisation n’est nulle part unanime. C’est une organisation politique qui comporte le risque des particularismes, surtout dans les pays où la question identitaire n’est pas résolue.

Celui de la déconcentration en dépend, avec des aspects liés à la politique, mais aussi à l’efficience de la gestion territoriale. Il ne s’agit pas de déconcentrer pour faire beau sur le tableau, mais pour mieux atteindre les objectifs de développement et répondre aux attentes des citoyens. Ce débat, chez nous, est totalement biaisé.

Ainsi à la lecture des réactions, le point négatif serait l’emprise des walis sur les services extérieurs du gouvernement. C’est une bêtise, une escroquerie monumentale. Il n’y a aucune démocratie qui admet que les représentants de l’exécutif, les délégations ministérielles, soient assujettis aux élus locaux et c’est très démocratique.

La politique de l’exécutif est menée par une majorité élue lors d’un scrutin national. Elle ne peut s’adapter aux choix des différentes majorités locales, y compris quand elles sont d’opposition. Par contre, la règle devrait être l’appui aux avancées dans l’intérêt général.

Parce que nous importons les débats français, nous refusons de discuter de nos vrais problèmes et donc nous patinons dans la choucroute.

Les aspects techniques de la déconcentration concernent les pouvoirs des délégués régionaux, les marges dont ils disposent pour s’adapter aux réalités locales, la possibilité de réactivité. Sur ce plan, nous sommes toujours dans un état centralisateur, le délégué ayant besoin de 36 signatures à Rabat, avant de prendre la moindre initiative même quand il y a une urgence.

Sur le plan politique, il y a un vrai drame dont aucun des acteurs ne veut parler, ouvertement, c’est celui des élites locales. L’inégalité territoriale fait que les meilleurs profils vont vers le centre. Que peut faire un polytechnicien, chez lui, à Tinghir ? Le problème existait déjà entre gouverneurs et collectivités locales sur la question de l’ordonnateur.

Sur des problèmes comme l’aménagement du territoire, les montages financiers compliqués, les régions ne disposent pas de compétences humaines, l’administration un peu plus. Il faut des partis structurés, disposant de techniciens pour prétendre à la démocratie. 

 
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