Dossier

Déjà un pied en Chine !

Ces dernières années, certaines entreprises et institutions marocaines, ont mis en place une véritable stratégie à destination de l’Empire du Milieu. par Adama Sylla


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Mustapha Terrab, PDG de l’OCP

  Groupe OCP : la voie est tracée

Si les exportations de la Chine vers le Maroc sont constituées principalement des produits du textile, des appareils électroménagers, des équipements industriels, du thé et des articles d’usage courant, les principaux produits marocains exportés vers l’Empire du Milieu sont les engrais phosphatés et les produits de la mer. Il faut dire que le groupe phosphatier, a depuis plusieurs années un gros contrat d’achat d’engrais chimiques avec la société chinoise Sinochem Corporation. Depuis, le groupe dirigé par Mustapha Terrab exporte annuellement vers la Chine, plus de 500 000 tonnes d’engrais phosphatés (DAP) destinées à la fertilisation, contre 120.000 tonnes auparavant. Ce n’est pas un hasard si Mustapha Terrab, PDG de l’OCP a déjà une proposition concrète de partenariat avec la Chine : l’investissement dans les engrais en Afrique.

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Othman Benjelloun, Président du groupe BMCE Bank

  Groupe BMCE Bank : le précurseur

En tant que banque du commerce extérieur, BMCE Bank a eu, depuis son installation à Pékin en 2000, la volonté de contribuer à la diversification des sources d’échanges et d’investissements du Maroc vers la Chine. Implanté à travers un Bureau de représentation, ce dernier a aujourd’hui pratiquement évolué vers une activité bancaire à Shanghai. Il faut dire que le groupe d’Othman Benjelloun fut précurseur au Maroc en ouvrant ce Bureau de représentation dans la capitale chinoise et voyait clairement à cette époque que l’épicentre de l’économie mondiale glissait lentement vers l’Asie et plus particulièrement vers l’Empire du Milieu. Depuis, grâce à une implantation optimisée en une belle adresse au cœur de Pékin, le Bureau a œuvré auprès des organes de représentation des entreprises et des institutions financières chinoises, à faire connaitre davantage l’économie marocaine ainsi qu’à promouvoir les services de BMCE Bank et des autres entités du groupe, notamment ses filiales Bank of Africa au Sud du Sahara.

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Mohamed Benchaâboun, PDG du Groupe Banque Populaire

BANQUE CENTRALE Populaire : l’axe Chine-Maroc-Afrique en marche

Avec trois accords de partenariat  qu’il a noués  avec des entreprises chinoises de premier ordre, le Groupe Banque Centrale Populaire (BCP) s’est bien positionné sur l’axe Chine-Maroc-Afrique. En effet, le premier accord revêt la forme d’un mémorandum d’entente avec la première banque du pays, Industrial and Commercial Bank of China (ICBC). Objectif: accompagner le développement des échanges commerciaux entre les deux pays, et entre la Chine et les pays d’Afrique subsaharienne, à travers le réseau de sa filiale Banque atlantique. Cet accord a également été élargi à l’accompagnement bancaire des clients de la BCP en Chine, ainsi que des clients de l’ICBC au Maroc.  Les deux autres sont des accords de financement. C’est ainsi que la BCP accompagne Huawei aussi bien au Maroc que sur le continent à travers ses filiales africaines, sous la forme d’une ligne de financement de 200 millions de dollars. La banque dirigée par Mohamed Benchaaboun, est également partenaire de Mathé, producteur des thés Sultan, dans ses relations avec son fournisseur chinois, Bonna, pour un financement extérieur de 25 millions de dollars. Il faut dire que face à la montée en puissance de la monnaie chinoise dans les échanges internationaux, la BCP a fait le choix de permettre à ses clients de se familiariser avec cette devise.

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Mohamed El Kettani, PDG d’Attijariwafa bank.

Attijariwafa bank : la carte des institutions financières

Le groupe Attijariwafa bank est plus que jamais décidé à canaliser les investissements chinois vers le Maroc et l’Afrique. Pour cela, il a multiplié au cours de ces trois dernières années, les conclusions de conventions de partenariat stratégique avec des institutions financières (Bank of  China, China Development Bank, China Eximbank…) et opérateurs économiques chinois. Ces accords visent l’accompagnement et le soutien des investissements chinois en faveur du développement du continent africain. Elles ouvrent, également, de nouvelles perspectives prometteuses pour le développement des échanges entre opérateurs africains et chinois. D’un autre côté, Attijariwafa Bank accompagne certaines entreprises chinoises au Maroc, comme Shandong Shangang dans son projet d’aciérie à Tanger, ou encore la joint-venture entre Haifen Fisheries et China National Fisheries Corporation (CNFC). Elle a aussi émis les cautions de marché afin de soutenir Electric Power Construction Corporation (Sepco, filiale de PowerChina) dans le cadre du projet de construction de la centrale thermique de Jerada pour l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE).

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Abdellatif Guerraoui, PDG du Groupe Auto-Hall

Groupe Auto Hall : l’Afrique passe par la Chine

Le groupe marocain Auto Hall, présidé par Abdellatif Guerraoui, entend bien capitaliser sur l’essor du secteur chinois de l’automobile. Ainsi, en décembre 2013, ce numéro 2 de la distribution automobile au Maroc, a signé un contrat pour l’assemblage et la distribution de véhicules utilitaires légers au Maroc et dans les pays africains, portant blason chinois «Dongfeng» (littéralement «Vent d’Est»), le numéro deux de l’automobile au pays de l’Empire du Milieu. Pour Auto-Hall, être présent dans le continent est désormais une nécessité. Les besoins sont énormes et l’Afrique est source d’un grand potentiel de croissance. Le déploiement du groupe marocain dans les pays africains se fera par étape. Après la Mauritanie, l’expansion sur d’autres marchés africains s’étalera sur plusieurs années.

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Omar Chaabi, Vice-Président d’Ynna Holding

  Ynna Holding : Rapprochement avec le géant chinois du matériel ferroviaire

La Société chérifienne de matériel industriel et ferroviaire (SCIF), ancienne filiale de l’ONCF, devenue propriété du groupe Ynna depuis 2006, a adopté l’année dernière une stratégie de développement sur le marché subsaharien, avec la fabrication de wagons, de voitures ferroviaires à voyageurs et la rénovation des locomotives. Pour décliner cette approche sur le terrain, le groupe Chaabi s’est rapproché du constructeur chinois CSR Puzhen. Ainsi, SCIF a obtenu la représentation exclusive au Maroc de ce leader mondial du matériel ferroviaire. Ce rapprochement concerne le matériel ferroviaire à voyageurs et vise, en plus des aspects commerciaux, l’intégration industrielle de la fabrication des voitures ferroviaires de type corail et des rames automotrices. Une première opération de construction intégrée est en cours. Elle porte sur 50 voitures ferroviaires à voyageurs pour le marché africain. Pour rappel, l’actionnaire majoritaire de la SCIF est Ynna Holding, aux côtés de l’ONCF. A noter que si la filiale d’Ynna Holding a parallèlement décroché un marché de 1 million d’euros portant sur la rénovation de 12 locomotives électriques pour ZNTK en Pologne, elle a par ailleurs déjà exporté 200 wagons de transport de phosphates vers la Tunisie et la Mauritanie notamment.

 

 
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