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Délais de paiement : le problème se pose toujours

Selon la dernière étude de l’assureur crédit Euler Hermes, les délais de paiement au Maroc sont loin de la moyenne mondiale. Pis, le délai moyen s’est rallongé de + 2 jours en 2018 par rapport à l’année précédente. Ce résultat doit inciter le gouvernement et le patronat à redoubler d’efforts pour détecter les lacunes du dispositif actuel et trouver une solution à cette problématique qui est l’une des principales causes de mortalité des entreprises.  


Malgré les mesures d’ordre législatif, réglementaire et financier prises ces dernières années, la problématique des délais de paiement se pose toujours presque dans les mêmes termes. Mais, il faut admettre qu’il est prématuré de se prononcer sur la pertinence de ces actions, sachant que les causes de l’allongement des délais sont à la fois multiples et complexes. C’est pourquoi, le premier rapport de l’Observatoire des délais de paiement est attendu avec impatience par les opérateurs économiques et les pouvoirs publics pour avoir des données précises sur les délais de paiement et surtout les causes qui sont à l’origine de leur allongement.

Selon le dernier rapport de l’assureur crédit Euler Hermes, les délais de paiement au Maroc se sont établis à 84 jours en 2018. On est donc loin du délai de 60 jours fixé par le Code de commerce et de la moyenne mondiale (65 jours). Un dépassement de 19 jours n’est pas facile à résorber, ce qui veut dire que la règle fixée par le Code de commerce est difficilement applicable. En outre, derrière la moyenne générale, se cachent des disparités importantes selon les secteurs d’activité. Ainsi, les meilleures performances sont réalisées par les secteurs de l’énergie (43 jours), de la distribution (49 jours) et de l’agro-alimentaire (62 jours). Quant aux secteurs qui enregistrent des délais supérieurs à la moyenne générale, on retrouve la construction (88 jours), l’industrie pharmaceutique (90 jours), le transport (107 jours) et la technologie (133 jours).

A l’échelle mondiale, les délais de paiement se sont contractés d’une journée en 2018 (65 jours). Selon l’auteur de l’étude, cette amélioration s’explique par le fait que les entreprises «ont ressenti les premiers signes de ralentissement de l’économie mondiale » et ont imposé «dans un élan de prudence des délais plus courts à leurs clients ».

Les pays qui ont réalisé les meilleures performances, sont la Nouvelle-Zélande (47 jours), l’Afrique du Sud (48 jours), l’Autriche (49 jours), la Suisse (50 jours) et la Finlande (51 jours). Le Maroc figure parmi les cinq pays qui enregistrent les délais de paiement les plus longs, à savoir la Chine (92 jours), la Grèce (90 jours), l’Italie (86 jours) et la Turquie (79 jours).

Contre toute attente, la Chine est le pays où les délais de paiement sont les plus longs. Même plus, en Chine 1 entreprise sur 4 est payée 4 mois après la livraison. Avec des délais aussi élevés, les «entreprises chinoises jouent un véritable rôle de banque invisible pour leurs partenaires commerciaux, qu’ils soient basés en Chine, en Asie ou dans le monde », note l’auteur de l’étude.

Sur le plan sectoriel, les secteurs les plus proches du consommateur ont vu leurs délais de paiement se détériorer au cours de l’année 2018. Ainsi, les délais de paiement se sont rallongés de + 1 jour dans les secteurs de l’agroalimentaire, des biens d’équipement, des produits pharmaceutiques et des télécommunications. Par contre, les secteurs industriels dont les délais de paiement sont déjà élevés ont connu une amélioration. C’est le cas par exemple de la construction (- 3 jours), de l’électronique (- 2 jours), de l’IT (- 2 jours), de l’énergie (- 2 jours) et de la chimie (- 1 jour). 

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