L'édito

Des pistes sérieuses

 


Les Assises de l’industrie ont lieu
à l’heure où nous mettions sous
presse. Ce genre de manifestation
est surévalué médiatiquement. Les
échanges qu’il permet, ne sont pas
nécessairement fondateurs de politiques
publiques relevant d’une vraie stratégie.
Notre dossier du numéro précédent
tentait de lancer le débat.
Selon les informations de la presse, la
patronne du patronat s’escrime à aider
«Maghreb steel» dans sa crise. Selon
son management, le groupe Sekkat
estime que cette crise est conjoncturelle.
Il s’agit de milliers d’emplois,mais aussi
d’une filière que l’on considérait porteuse,
il y a quelques mois.
Les pouvoirs publics ont un rôle à jouer.
Celui de stratège pour l’avenir, mais
aussi celui de soutien en cas de phénomènes
exogènes qui mettent en péril
une fi lière en construction. Cela signifie
qu’ils aient une stratégie, une visibilité
qui dépasse les rapports de bureaux
d’études, souvent étrangers, généreusement
rétribués. Il faut repenser toute
la gouvernance pour que l’Etat dépasse
les fonctions régaliennes pour un statut
de stratège. C’est très difficile, au milieu
de contraintes multiples, mais c’est la
voie de la réelle émergence. 

 

Le HCP a publié dans son dernier
bulletin un dossier sur l’impact
d’une dévaluation du dirham de
l’ordre de 10 %. Les auteurs ont utilisé
un modèle mathématique et en tir

 

des conclusions fort intéressantes.
Ainsi, l’impact sur la balance commerciale
serait positif mais de courte durée.
Les effets infl ationnistes annihileraient
rapidement les gains en compétitivité.
Par ailleurs, la dette externe, appelée à
gagner en volume, coûterait plus cher,
impactant le déficit budgétaire. Les
auteurs, sérieux et prudents présentent
des scénarii. Mais ils soutiennent
courageusement, que c’est au niveau
de la qualité des produits, et donc au
niveau de l’innovation que cela se joue.
Le lobby des exportateurs devrait lire
ce document scientifique, froid mais
rafraîchissant.

 

Le Maroc, meurtri dans sa chair,
est engagé dans la lutte antiterroriste.
C’est un consensus national,
même les Islamistes du PJD ont soutenu
l’intervention française au Mali et ce,
contre l’avis de leur aile «prédicatrice».
Cependant, des informations sérieuses
font état d’exactions graves contre les
Arabes, les Musulmans du Nord-Mali,
passées sous silence à la fois par les
officiels et les médias français. Albert
Camus disait « entre ma mère et la justice
je choisis ma mère ». Sartre disait
« on est d’abord juif dans le regard de
l’autre ». La France s’honorerait à ne
pas laisser faire de son intervention le
premier pogrom du siècle. ■

 

 

   Adil Lahlou
Challengenews
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