L'édito

Des stratégies à revoir

 


Le plan émergence a montré ses
limites. L’industrie marocaine est
à la traîne dans le processus de
développement. Il s’agit là d’un constat
douloureux pour plusieurs raisons. Le
Maroc ne peut assurer son décollage en
s’appuyant sur le secteur tertiaire, celui
des services. Il n’a pas les qualifications
requises en nombre suffisant et surtout
cela ne permet pas de juguler le chômage.
Le choix de la nécessaire industrialisation
est celui de la raison et ne
relève pas d’un quelconque narcissisme
nationaliste. Les stratégies développées
depuis l’indépendance n’ont pas eu la
continuité nécessaire et leurs résultats
restent très faibles. Il n’y a aucun mal
à adopter des stratégies qui ont abouti
ailleurs, en Amérique latine et en
Turquie par exemple. Dans ces pays, les
pouvoirs publics ont soutenu la création
de filières cohérentes, compétitives,
l’Etat jouant un rôle de stratège. La
filière automobile peut servir d’exemple,
car c’est une réussite.


L
e pavillon national maritime est
en berne et risque de disparaître.
Le ministère de l’Equipement n’a
pour l’instant développé aucun projet
pour le sauver. Il s’agit de milliers d’emplois,
mais ce n’est pas le plus grave. Les
compagnies marocaines peuvent être
remplacées dans 80 % de leur activité
par la concurrence. Le cinquième restant,
concerne des opérations d’intérêt

 

 

national, la desserte des provinces
sahariennes pour le frêt, ou des lignes
peu rentables, pour les MRE par exemple.
La situation des entreprises n’est
pas à l’identique en matière de solvabilité
ni de viabilité. Mais l’attentisme
risque de les condamner définitivement.
Ce secteur a besoin d’une refonte
des textes, d’un soutien des banques et
d’une nouvelle visibilité. Les opérateurs
le réclament depuis longtemps, l’exécutif
prend son temps. Or, le temps est
ce qui manque le plus dans ce genre de
situation.

 

S’il y a une stratégie qui a bien
fonctionné, c’est bien celle de la
libéralisation de l’audiovisuel.
Les radios indépendantes ont dynamisé
le secteur et fait de leur média, le plus
important du Maroc, et de loin. En développant
l’interactivité, les stations de
radios participent à l’animation du débat
public et à la formation de l’opinion
grâce à l’échange avec des experts.
Le secteur a créé des milliers d’emplois,
génère des revenus conséquents pour
l’Etat, le tout sous le contrôle de la
HACA pour éviter tout débordement.
La liberté dans la responsabilité s’avère
payante pour tout le monde. Au point
que tous s’interrogent : à quand les
télés privées ? ■

 

 

  Adil Lahlou
Challengenews
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