Economie

Dessalement de l’eau de mer : solution salée, mais incontournable

 


Le Maroc est obligé d’aller vers le dessalement de l’eau de mer pour satisfaire les besoins en ressources hydriques des provinces du Sud, mais aussi d’Agadir, de Khouribga et d’autres localités moins septentrionales. 

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ientôt sera connu l’adjudicataire du plus important projet de dessalement d’eau de mer jamais réalisé au Maroc. Il s’agit de l’unité d’Agadir qui sera d’une capacité de 100.000 m3/jour, suffisante pour alimenter la ville d’Agadir dont le tourisme et l’agriculture ont épuisé les ressources disponibles dans la région.

La fin du calvaire lié à la pénurie saisonnière d’eau que vivent certaines localités du Souss est peut-être pour bientôt. En effet, 6 postulants ont été retenus dans l’appel d’offres international lancé concernant la construction d’une unité de dessalement d’eau de mer. Parmi les six postulants, figure un consortium dont fait partie une filiale de la CDG, à savoir InfraMaroc associé à Abengoa Water. Il s’agira d’une gestion concédée, la première du genre au Maroc dans la déssalinisation. C’est peut-être ce qui explique le retard qu’il a connu dans l’attribution finale. En effet, le premier appel à manifestation d’intérêt date de 2007.

Si le projet d’Agadir, du point de vue de la capacité, est le plus imposant, le programme d’investissement concernant le dessalement, en comporte d’autres. En effet, au total, il en existe cinq autres pour une enveloppe globale d’investissement de 1,5 milliard de dirhams à l’horizon 2016. D’autres sont en effet prévus à Tan-Tan, Boujdour, Dakhla, Zagora, Khouribga et Khénifra. C’est dans les provinces du sud que les projets sont les plus avancés. En effet, celui de Tan-Tan, dont la capacité est de 9000m3/j ne devrait pas tarder à être livré. Et il sera suivi de celui de Dakhla, vers la fin 2014, offrant ainsi 17.000 m3/j d’eau potable. L’unité de Boujdour bénéficiera d’une extension de l’ordre 7000m3/j supplémentaires. Au total 33.000 m3/j supplémentaires sont prévus dans ces provinces du Sud, auxquels s’ajoutent les unités de Khouribga et Zagora pour une capacité respective de 26.000 m3 et 5300m3/j.

C’est dire que l’ONEE a clairement fait le choix du dessalement partout où les ressources conventionnelles en eaux sont insuffisantes pour satisfaire les besoins des populations. «C’est l’unique option possible dans les zones du sud», précise d’emblée Khalid Tahri, directeur technique et ingénierie à la branche eau de l’ONEE. Et de préciser : «au départ, la solution de dessalement était une solution inévitable pour les régions du sud, étant donné la rareté des ressources conventionnelles et le coût élevé de transfert à partir d’autres bassins hydrauliques du pays».  

Jusqu’à 9000 DH, le premier m3

Les détracteurs de la déssalinisation évoquent surtout un coût élevé, mais également l’impact sur l’environnement à cause d’une forte consommation en énergie.  Il faut en effet, un investissement souvent très lourd avant de bénéficier du premier mètre-cube. Par exemple, pour les 164.000 m3 supplémentaires prévus d’ici 2016, si l’investissement global est de 1,5 milliard de dirhams, on n’est pas très loin d’un coût initial de 9200 dirhams pour chaque capacité d’un m3/j. De plus, le coût de dessalement de l’eau de mer est naturellement plus élevé que celui de la déminéralisation  des eaux saumâtres, comme ce sera le cas de Khourigba et de Zagora par exemple. De plus, il faut ajouter le coût de fonctionnement, puisqu’il ne s’agit pas seulement d’investir pour disposer d’eau potable. Il faut compter la consommation d’énergie, qui varie entre 3 et 9 dirhams par m3 d’eau, produite. Mais, selon Khalid Tahri, «avec les avancées technologiques au niveau des composantes principales de tels procédés, notamment, les membranes, les pompes haute pression et les systèmes de récupération d’énergie, le dessalement se présente de plus en plus comme une solution qui pourrait être compétitive».  C’est d’autant vrai que la technique privilégiée par l’Office qui se prévaut d’une trentaine d’années d’expérience est celle de l’osmose inverse, moins consommatrice d’énergie que celle de la distillation.

C’est dans les années 1970 que l’Office national de l’eau potable (ONEP) a installé ses premières unités de dessalement. Aujourd’hui, La technique est largement maîtrisée et elle sera de plus en plus utilisée dans les années à venir pour faire face aux difficultés d’accès à l’eau potable. 

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