International

Deux sommets bidon

Pratiquement au même moment, deux sommets internationaux ont eu lieu, l’un à Varsovie, l’autre à Moscou. Le premier avait un objectif clair, réunir un soutien large à la nouvelle croisade contre l’Iran.


Les Européens ont envoyé des représentants de faible niveau, or ils étaient avec les USA, les principaux acteurs de l’accord sur le nucléaire Iranien. Les palabres se sont soldées par les habituelles récriminations sur le programme balistique de Téhéran, mais on est loin du soutien massif à Trump et son langage guerrier, que seul Netanyahu soutient.

A Moscou, il s’agissait de parler de paix au Proche-Orient, à l’initiative de la Russie et de Washington. On est à la  limite du ridicule parce que les Palestiniens n’étaient pas représentés, sachant à juste titre que l’objet c’est d’enterrer leur question nationale. C’est donc un échec cuisant, sauf si l’on considère que l’on peut faire la paix, sans les principaux concernés.

Ces échecs ne sont pas conjoncturels, ils sont dus à la vision de Trump des relations internationales. Il a dynamité le multilatéralisme et tente de trouver des alliances par thème autour de ses positions. Cela ne marche pas, parce que ce faisant il déstabilise ses alliés, en particulier l’Union européenne, et tente même de la diviser en s’appuyant sur les gouvernements populistes de Pologne et de Hongrie, par exemple.

Cette situation dans les relations internationales ne promet que des crispations. En Syrie, les objectifs turcs et russes se télescopent, Ankara est obnubilée par la question kurde et veut les désarmer, Moscou est attachée à la sauvegarde de l’intégrité territoriale sous Bachar, mais préfère une solution d’autonomie.

En Palestine, le projet des deux Etats est en situation de mort clinique. Les extrêmes des deux côtés en profitent. Il n’y a plus de dialogue possible et quand la politique se tait, ce sont les armes qui parlent, même dans le cas d’un déséquilibre stratégique.

Le rejet du multilatéralisme aura pour conséquence de discréditer les organisations nées après la seconde guerre mondiale, qui sont imparfaites, mais qui ont le mérite d’exister. Qui peut dire qu’elles n’ont pas été utiles pour encadrer le commerce international ou encore sur les questions de santé ?
Si la première puissance mondiale torpille ces organisations, ce qu’elle tente de faire, nul ne peut prévoir ce qui en sortira.

Challengenews
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