Sport

DGSN : un ami qui vous veut du bien ?


Partout, dans le monde entier, la Police a mauvaise presse. Forces de l’ordre, agents d’autorité, et toute la panoplie sécuritaire avec leurs convocations, leurs menottes, les PV, les gardes à vue, les interrogatoires, font souvent oublier au commun des mortels que l’on a d’abord affaire à des gardiens de la Paix. Le flic, l’inspecteur, le motard, et toutes les facettes de ce métier pas comme les autres n’ont décidément pas la faveur des foules. Et comment pourrait-il en être autrement ?

Lorsqu’un policier vous verbalise et peut même vous retirer votre permis ou vous infliger une lourde amende, on ne peut pas penser que ce policier est notre ami, qu’il agit pour le bien général, on ne pense, bien au contraire, qu’à le vouer aux gémonies en l’accusant de ne s’en prendre qu’aux plus faibles et aux plus pauvres.
Cependant tout le monde est bien content, et mieux rassuré, de pouvoir aller s’adresser au commissariat le plus proche. Dans ce cas-là, lorsque pour une raison ou une autre on se sent menacé, l’on comprend alors la nécessité de l’agent de sécurité.
Mais aujourd’hui, la DGSN (Direction Générale de la Sûreté Nationale) entend élargir son champ de compétences. Elle va au devant des choses pour anticiper les évènements afin de mieux les affronter et peut être même d’en éviter les plus préjudiciables et les plus dangereux.

Les petits plats dans les grands

C’est dans cet esprit que la DGSN a organisé les 8 et 9 avril derniers son « Deuxième colloque sur la lutte contre la violence lors et à l’occasion des manifestations sportives ».
Et à ceux qui penseraient que la DGSN s’immiscerait dans une réflexion qui concerne plus la FRMF ou le ministère de la Jeunesse et des Sports, on répondra que la DGSN fait cela dans le souci de tirer tous les partenaires du sport vers une prise de conscience nationale.
Le slogan, d’ailleurs, de ce colloque était révélateur. En effet, l’on s’est réuni pendant deux jours à Kénitra sous le thème « Tous pour des manifestations sportives sans violence ». Et pour cela, la DGSN a mis les petits plats dans les grands.
Experts hollandais, espagnols, italiens, marocains, vinrent plancher dans l’Institut Royal de Police, à Kénitra, cadre idéal pour l’élévation des débats et des esprits, sur des thèmes aussi variés que la psychologie de la violence liée au sport, l’aspect organisationnel de la prévention et l’approche sociologique du phénomène de la violence liée au sport.
Deux journées solides et chargées où fut débattu, de manière fort heureuse, le rôle des médias et des supporters. Volet qui a permis, à cette frange très controversée de supporters que l’on nomme les « ultras » de venir prendre la parole et d’exposer griefs et revendications, mais aussi d’écouter tout ce qu’on pouvait avoir à leur reprocher quant à leur non implication dans l’encadrement des tribunes.
Car, pour une sécurité idéale face aux phénomènes de violence, il serait hautement positif que les forces de l’ordre trouvent des relais sûrs et matures auprès du public, surtout au sein des personnes qui se proclament « fans » de tel ou tel club et qui devraient, tout de même, veiller au nom de cet amour de leur équipe et du sport, à ce qu’il y ait un maximum de quiétude autour des rencontres.

Le prix fort, pour l’instant…

La DGSN, en attendant cette société idéale, où tous les présents à un match assureraient leur propre sécurité et celle des autres grâce à un sens civique de tous les instants, la DGSN donc paye pour l’instant au prix fort, en moyens, hommes et mobilisation, l’accompagnement sécuritaire des matchs du football national.
En ouverture du colloque, M. Bouchaïb Rmaïl, Directeur Général de la Sûreté Nationale a indiqué que 110.000 policiers étaient requis pour le foot, soit une moyenne de 3 365 éléments par jour et 454 par match, chiffres auxquels il convient d’ajouter 100 000 éléments des Forces Auxiliaires qui participent à la sécurisation.
Mais au fil des débats, il apparait clairement que l’infrastructure des stades aux conditions d’accueil inappropriées, fait apparaître des carences qui doivent être compensées par la mobilisation d’un surplus de policiers.
Beaucoup de travail et d’efforts qui font ressembler le travail sécuritaire au rocher de Sisyphe, condamné à revenir toujours au point de départ tout en bas, malgré toute l’énergie déployée pour le hisser au sommet.
D’ailleurs, l’expert hollandais Johan Damsteegt, qui, après le colloque choisit d’aller assister au Derby Raja-WAC, fut, à la fois, estomaqué et admiratif de voir comment nos vaillantes forces de l’ordre se débattaient bel et bien avec si peu de moyens.
En Hollande, a-t-il dit, en plus des places numérotées, il y a des tickets d’entrée nominatifs et contrôlables à tout instant grâce à tout un système de caméras et de circuits d’ordinateurs.
En attendant, tout le monde souhaiterait voir instauré le plus vite possible, ce fameux D.O.S., un Directeur de l’Organisation de la Sécurité au niveau de chaque club, chose que la FIFA encourage et recommande vivement.
Le chantier de la sécurité, donc de la lutte contre la violence, est immense et la DGSN entend y impliquer tout le monde.
Message reçu cinq sur cinq, si l’on en croit l’assistance venue à l’ouverture de ce colloque.
Il y avait les Faras, Baba, Naybet, Zaki, mais aussi Abdelouhab Doukkali et des tas d’autres stars de l’écran et de la chanson.
C’est sûr, tout le monde aime le foot.
Alors, à nous tous de le protéger.

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