Business

Dimagaz: « La Caisse de compensation m’a tuer »

Rien ne va plus pour Dimagaz. L’entreprise est au bord de l’asphyxie. L’étrangleur n’est autre que l’État. Ce dernier, faute d’honorer ses dettes, menace la pérennité de l’entreprise.


Vivement la loi sur les délais de paiement. Vivement que l’État la promulgue et surtout la respecte. Car aux yeux des opérateurs, bien que ce client soit crédible, il reste aussi un très mauvais payeur. La société Dimagaz en sait quelque chose! En effet, la créance de cette PME spécialisée dans l’importation, le conditionnement et le remplissage de gaz envers l’État se chiffre à plus de 45 millions de DH. Un montant d’encours considérable qui met en péril l’activité de l’entreprise. Cela est d’autant plus vrai lorsque l’on sait que cette lourde créance arrive à concurrence du nominal du capital de l’entreprise (à peu près 50 millions de DH). A l’instar des structures opérant dans les secteurs de production et commercialisation des produits subventionnés par l’État, cette entreprise créée en 1971, par le groupe El Jirari s’est adaptée au long processus du remboursement de la Caisse de compensation. Pour récupérer le montant de la subvention de 83 DH sur les bonbonnes de gaz de 12 kg vendues à 40 DH, l’entreprise dépose le dossier d’importation du gaz en vrac, accompagné des écritures comptables des ventes. En principe, elle devait recevoir le règlement de la subvention dans un délai qui ne dépasse pas les six mois, en général. Même en cas de retard, les opérateurs ont la possibilité de demander des cessions de créances sur la totalité ou sur une partie du montant de la créance. Pour rappel, la cession de créance, est un document de garantie établi sur la base d’une créance que remet l’entreprise à son banquier pour financer ses besoins en fonds de roulement. Or, la Caisse de compensation ne remplit plus, depuis quelques temps ses engagements financiers d’une manière régulière. «Depuis une année, il y a eu une sorte de rupture avec cet ancien système. Une situation qui s’est aggravée par la limitation du nombre des cessions de créance délivrées par la Caisse à trois par an (ndlr: l’équivalent de trois lots importés)», déclare d’emblée Noura Mouaddib, Chargée de mission à Dimagaz.

Pas de cession de créance !
In fine, la conjonction de ces deux facteurs, rend la tâche très difficile pour Dimagaz. Cette dernière, qui détient trois centres de remplissage de bonbonnes sur Casablanca et Errachidia a été obligée de réduire ses importations de gaz. Actuellement, « les quantités importées ne répondent qu’à 40% des besoins de nos centres», déclare notre interlocutrice. Ainsi, «si nous arrivons encore à payer nos 250 salariés, c’est seulement grâce aux petites marges générées par le remplissage dans les centres de remplissage concurrents des bonbonnes de nos clients», conclut la porte-parole de l’entreprise. 

 
Article précédent

Baisse de régime inexpliquée chez les cimentiers

Article suivant

Les entreprises marocaines rapatrient la moitié des bénéfices réalisés à l'étranger