L'édito

Le doute n’est pas toujours méthodologique !

Poser des questions traduit généralement un besoin pour en savoir un peu plus, mais poser constamment la même question après avoir été informé et éclairé relève, généralement d’une intention dépassant le simple besoin de savoir. A la question du pourquoi de l’action de notre pays dans son continent, les discours du Souverain et les messages adressés à ses frères africains ont été largement suffisants pour éclairer le plus grand nombre sur la nécessité de créer une vision africaine commune en matière de développement économique et social. Le principe du «gagnant-gagnant» en tant que pilier du partenariat entre les pays et les peuples africains fait peur aux rentiers et à ceux qui ont bâti leurs fortunes sur l’exploitation arbitraire des richesses du continent. Devant l’offensive de cette génération de responsables africains «décomplexés», les spécialistes de l’industrie du doute et de la calomnie tentent de sauvegarder leurs intérêts. Leurs discours trouvent des adeptes à l’intérieur des pays africains. Ils ont peur et ils doivent cultiver la peur pour détourner l’attention des peuples et de certaines élites. Chez nous aussi certains posent des questions sur l’utilité des investissements dans le continent, en oubliant que l’acte d’investir vise une rentabilité et que cet acte est multiplicateur de richesses lorsqu’il s’inscrit dans un partenariat réel et équilibré. Investir dans ce cadre apporte le travail à nos compatriotes, à nos entreprises et renforce nos échanges extérieurs. Le doute n’est pas toujours méthodologique, il est, dans le contexte actuel, infructueux et trop intéressé.


Nous sommes une démocratie en devenir, nous avons nos textes fondamentaux, nos institutions et notre peuple aspire à plus de vie dans la dignité. Nous avons, malheureusement une classe politique qui souffre d’un manque flagrant en matière d’écoute, d’analyse et de suivi de la situation des populations sur le terrain. Nous avons vécu depuis le 7 octobre dans un doute et nous avons attendu des comportements responsables pour que les affaires publiques soient mises entre les mains de personnes compétentes pétries de talents et d’adhésion à l’intérêt général. Notre attente s’est inscrite dans la durée injustifiée et nous a permis de voir combien le jeu politique manque de crédibilité. Nous sommes un pays où les perdants des élections tentent d’imposer les règles du jeu et où la culture de «la crise» est élevée au rang des tactiques politiciennes. Il est temps de revenir à la raison et de respecter ceux qui ont voté et ceux qui attendent leur part de la richesse nationale et un avenir prometteur pour leurs enfants. Les bons signes commencent à apparaitre avec un mois de mars printanier et annonceur d’une meilleure équipe gouvernementale. Tous les partis n’auront pas des postes, mais le Maroc aura un gouvernement…

Le dialogue social a été fêté à la Chambre des Conseillers et de beaux discours ont été prononcés par les «partenaires» sociaux. Le Chef du Gouvernement a certes parlé de ceux qui attendent leur part de la richesse nationale, mais il a malheureusement inscrit sa vision dans une logique qui peut sembler incohérente. Le partage s’opère à travers des politiques publiques et ne se définit pas par des termes mettant en opposition des catégories sociales dont l’une profite et l’autre subit. La qualité d’accès à la dignité à travers un revenu et des services publics n’est pas faisable à travers un renoncement d’une élite à ses «privilèges», mais à travers un travail gouvernemental régulier opérant un ciblage cohérent et des actions convergentes. Mettre en avant les éléments d’un conflit entre les catégories sociales est dangereux pour la gestion publique et partant, pour la stabilité et la paix sociales.

 
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