Religion

Dr Abbadi se demande « quel Islam pour le Maroc du XXIème siècle »

À l’invitation du Croissant Rouge Marocain, le secrétaire général de la Rabitta Mohammadia des Oulémas a animé une conférence-débat sur le thème de l’ « islam et modernité ».


Dr Ahmed Abbadi  a ainsi donné, dans le cadre des « Rencontres du Vendredi » organisées par le Salon littéraire du Croissant Rouge Marocain, ce vendredi 17 mai 2019, des clarifications sur cette thématique complexe. « Il s’agit d’un amalgame de concepts, l’islam d’une part, la modernité de l’autre. Aussi, quels choix en matière d’islam pour le Royaume du Maroc au XXIème siècle ? Tout d’abord, il faut déconstruire les concepts : qu’est-ce qu’on entend par modernité ? Qu’est-ce qu’on entend par islam ? Et puis qu’est-ce qu’on entend par islam au Maroc au XXIème siècle », explique le secrétaire général.

Durant son exposé, devant un parterre de personnalités qui ont attentivement suivi la conférence-débat, notamment la militante des droits humains Aïcha Chenna, Dr Ahmed Abbadi a fait un état des lieux des raisons ayant conduit à penser que l’islam n’est pas compatible avec la modernité. Ces raisons sont, selon lui, la principale explication de l’extension de l’État islamique. « Le meilleur cadeau qui a été fait à l’EI est le fait de l’avoir appelé Organisation de l’État islamique. Cela a largement participé à confondre les croyants qui ont pensé que l’EI est l’incarnation de l’islam. Pensez à une jeune fille, qui, à 01 heure du matin regarde sur son Smartphone les vidéos propagandes de l’EI. Pensez aussi au jeune garçon à qui on promet une jeune femme et un fonction importante », explique Dr Ahmed Abbadi.

L’érudit n’a cependant pas prétendu avoir la science infuse. Selon lui, le but de cette conférence-débat est de dégager les « questions majeures à instruire pour laisser les voies de réflexion et de cogitation ouvertes afin qu’on puisse se compléter, car il s’agit d’une large problématique. L’effort d’une ou plusieurs personnes n’est pas suffisant pour la cadrer. On entend donc laisser la voie ouverte pour qu’il y ait une complémentarité et aboutir ainsi à une vision plus claire sue le sujet dans notre pays  ».

Comme conclusion à cette conférence-débat, Dr Ahmed Abbadi a rappelé que SM le roi Mohammed VI a commandé au ministre de l’Éducation nationale, en plus de la saisine adressée au Conseil Supérieur de l’Éducation, de revoir les manuels scolaires. « C’est avec cet esprit-là que nous sommes en train de les réformer. Deuxième bonne nouvelle, le lancement d’un programme au sein des écoles visant à lutter contre les comportements à risque, de manière efficiente, en faisant appel à l’éducation parentale, à la ludification et au théâtre interactif. Cela a donné naissance à une approche qui fait usage des bandes-dessinées, des dessins animés et des jeux-vidéos pour justement répandre le discours alternatif  au sein de 200 écoles cette année, 600 écoles l’année prochaine et 1 200 l’année d’après. Troisième et dernière bonne nouvelle, notre société prend aujourd’hui de plus en plus conscience de l’importance de la spiritualité. Cette spiritualité est la quintessence de toute religiosité. On oublie la spiritualité. On oublie la transcendance. On oublie le regain de cette capacité d’aimer et on devient une société solide. Il y a 7 lettres royales dans ce sens-là : un ravivement des voix souffies et des arts du Samā‘ via la création de plusieurs institutions dans les règles de l’art. Nous devons nous serrer les coudes parce qu’il s’agit d’un problème résultant d’un cumul de quelques siècles et qui ne peut pas être évacué en l’espace de quelques mois », préconise le membre du Bureau du Conseil Supérieur de l’Éducation, de la Formation et de la Recherche Scientifique.

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