Rapport

Droits de l’Homme : le constat du ministère d’État

Il est bien établi que la situation des droits de l’homme et, de manière générale, la stabilité politique d’un pays, constituent un facteur important dans l’amélioration du climat des affaires, et donc dans la décision d’investissement.


Le ministère d’État chargé des Droits de l’Homme vient de publier, pour la première fois, un rapport sur l’évolution des Droits humains au Maroc, depuis l’adoption de la Constitution de 2011. Cet exercice répond à un besoin officiel d’auto-évaluation mais aussi d’auto-critique pour mieux capitaliser les acquis et s’attaquer aux faiblesses identifiées. C’est aussi une réponse concrète à un besoin d’information des citoyens, conformément à l’article 27 de la Constitution relatif au droit d’accès à l’information. Ainsi, la question du respect des Droits humains prend sa place normale dans le débat public.

En effet, le rapport, tout en mettant l’accent sur les grands apports contenus dans la Constitution de 2011, souligne les difficultés, voire les résistances rencontrées dans la mise en œuvre effective des principes consacrés dans la loi fondamentale. La réforme de la gouvernance du système de sécurité et la consécration de l’indépendance de l’autorité judiciaire sont des acquis. Les progrès en matière de respect des Droits humains sont à observer en particulier dans les domaines civil et politique. C’est surtout le cas de la lutte contre les discriminations qui portent atteinte aux droits des femmes.  De nombreuses institutions de bonne gouvernance ont été mises en place, notamment dans le domaine de la concurrence ou dans la lutte contre la corruption. Les fondements de la démocratie participative ont été mis en place. Un premier pas a été réalisé en matière de droit d’accès à l’information. Toutes ces mesures méritent d’être consolidées et traduites dans la réalité pour mieux impacter la vie quotidienne des citoyens, reconnait le rapport.

Néanmoins, c’est dans le domaine des droits humains économiques et sociaux que l’évolution semble connaître un retard, voire des résistances, constate le rapport. Ainsi, si la « pauvreté absolue » a connu un recul, la précarité demeure fortement présente, touchant plus de 50% de la population. La santé, l’éducation et l’accès à l’emploi demeurent les domaines où les politiques publiques et les acteurs économiques privés doivent doubler d’effort pour pouvoir relever les grands défis en ce début du 3ème millénaire.

Le rapport du ministère d’État chargé des Droits de l’Homme est avant tout une première autoévaluation officielle louable. Cette action mérite d’être constamment enrichie sur le plan méthodologique et alimentée en données multiples et fiables. Une interaction constructive avec les autres acteurs, notamment la société civile, est très souhaitable. L’impact de cette dynamique, en dernière instance, ne pourra être que bénéfique pour l’ensemble de la société.

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