Blog de Jamal Berraoui

Drôle d’attitude par ( Jamal Berraoui )

En démocratie, la règle c’est que la majorité gouverne et l’opposition s’oppose. Il y a cependant des formes à respecter. La loi de Finances rejetée par la chambre des conseillers va être revotée en l’état par le parlement. Ce n’est une surprise pour personne, c’est ce que permet la constitution. La seconde chambre, même tenue par l’opposition, ne peut pas faire tomber le gouvernement.


Cependant, il y a la manière et si Benkirane ne s’en embarrasse pas. Il refuse tout nouveau débat à la Chambre basse, réclamé pourtant par l’USFP. A-t-il peur de devoir jouer les prolongations et rater les fêtes de fin d’année ? En agissant ainsi, il rabaisse la représentation nationale, en instrumentalisant sa majorité de manière quasi mécanique.

Durant tout le débat, on a vu le gouvernement rejeter tous les amendements de la coalition d’opposition, sans même prendre la peine de les étudier. Les députés PJD, oublient qu’en 1995, Mohamed Kabbaj avait accepté un amendement sur les antirétroviraux présenté par l’USFP, ce qi a ondé les malades du sida. Surtout, ils oublient que Oualalou a accepté l’amendement du PJD, sur le fonds pour la famille qui permet aujourd’hui de fournir aux femmes divorcées des moyens de survie, ce qui a solutionné un vrai problème.

En démocratie, la majorité c’est la moitié plus une voix. Cependant, cette règle n’est appliquée que dans les cas extrêmes. Il est bon de rechercher des majorités plus larges par le dialogue. L’exécutif aura besoin de cet élargissement sur des dossiers tels que les retraites ou la compensation. Il sait qu’il doit prendre des mesures impopulaires, mais nécessaires, absolument nécessaires. Il demande déjà à son opposition de ne pas être populiste et de reconnaître la nécessité de ces mesures. Il a tout à fait raison, il ne faut pas laisser entendre que l’on peut sauver les retraites sans effort supplémentaire des salariés.

Seulement, ce n’est pas en bafouant les droits de l’opposition, en raillant les interventions de ses représentants devant les caméras que le chef du gouvernement en obtiendra une compréhension responsable.

Par son attitude, il alimente la tension et prépare le terrain à la contestation. L’Istiqlal, l’USFP et les syndicats sont en droit de manifester leur opposition dans la rue, puisqu’ils n’ont pu le faire au parlement. La majorité numérique n’est pas un sauf conduit en démocratie.

 
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