L'édito

Du principe de réalité

L


es réserves de changes ont
fondu de 14% en un an. C’est
une position simpliste que de
tout mettre sur le dos de la tendance
baissière du marché des phosphates.
La gestion de l’OCP est hyperperformante,
de cela, tout le monde
convient. Mais les phosphates n’étant
pas le pétrole, il ne faut pas se cacher
les vérités. L’économie marocaine
perd en compétitivité, en capacités
exportatrices. Cela se confirme chaque
jour, dans une série de secteurs. Pour le
moment, la libéralisation, l’ouverture,
ont favorisé une consommation
massive de produits étrangers sans
constituer un réel coup de fouet à la
compétitivité de nos entreprises. Il ne
s’agit pas de pleurer sur un constat,
mais de réagir avec des politiques
publiques allant dans le bon sens.

 

T

ous les gouvernements, depuis
des décennies annoncent
qu’ils font de la promotion
des PME une priorité. Malgré tous
les plans, toutes les déclarations en
grande pompe, la réalité est morose.
La fameuse préférence nationale
n’est pas appliquée. De grandes
entreprises publiques éliminent
systématiquement les PME de leurs
marchés. Les banques continuent à
exiger des sur-garanties et à limiter

 

 

 

 

l’accès au crédit des entreprises
innovantes dont le porteur de projet
ne justifie pas d’un patrimoine foncier
conséquent. Les universités marocaines
ne produisent rien, absolument rien, en
termes de recherche développement.
L’administration, tatillonne, est
un facteur d’immobilisme. Dans
ces conditions, la croissance est
handicapée. Reconnaître cette réalité
et mettre en place un processus pour la
changer, c’est cela l’urgence.

 

L

es femmes fêtent leur journée
mondiale, nous y réservons notre
dossier principal. Les discours, là
aussi, sont trompeurs. Le sexe féminin,
majoritaire au sein de la population, n’a
pas attendu les textes législatifs pour
s’émanciper.
La femme est omniprésente, d’abord
comme chef de famille, comme
décideur en matière de consommation,
mais aussi en tant qu’opérateur
économique, dirigeant des entreprises
qu’elles soient publiques ou privées.
C’est cette réalité qui donne de
la substance à la politique de
discrimination positive et non pas
l’inverse. Rien, absolument rien, ne
peut arrêter cette marche vers l’égalité
des individus. ■

 

 

 

 

 

   

 

 
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