Economie

D’une caravane à l’autre

100 opérateurs économiques marocains représentant divers secteurs, ont prospecté du 23 au 29 juin le Kenya, la République Démocratique du Congo et le Congo, trois pays au grand potentiel de partenariat.


La caravane de partenariat a choisi le Kenya comme point d’entrée pour sa 7e édition. Un choix qui vient consacrer la diversification du marché africain et «rompre avec le clivage linguistique imposé par le legs colonial, tout en positionnant le Maroc dans le hub économique d’une région qui compte près de 150 millions de consommateurs, et où tous les pays ont une grande demande pour les secteurs, produits, et services proposés», ajoute d’emblée AbdelIlah Benryane, ambassadeur du Maroc au Kenya, qui précise que le Kenya constitue la plateforme routière, maritime, aéroportuaire et financière la plus importante de l’East African Community (EAC), ensemble régional de l’Afrique de l’Est qui englobe en plus de ce pays, la Tanzanie, l’Ouganda, le Rwanda et le Burundi, et qui va s’élargir, dans un proche avenir, à la Somalie et au Soudan du Sud. Les deux autres escales de la caravane, la République du Congo et la République Démocratique du Congo (RDC), visitée initialement lors de la 5e édition, traduisent la volonté d’ancrage du Maroc dans les marchés africains les plus porteurs et d’y augmenter la part des échanges à forte valeur ajoutée. En effet, après six missions de prospection dans 16 pays majoritairement d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique Centrale, cette 7e virée africaine vient confirmer, selon Abdelkader Amara, ministre de l’Industrie, du Commerce et des Nouvelles Technologies «le renforcement de la coopération entre le Maroc et ses pairs africains» citant pour preuve «les multiples visites royales effectuées par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, depuis son intronisation, à de nombreux pays africains, ainsi que les différents accords de coopération conclus lors de ces visites, dans différents domaines de développement économique, technique, social et culturel», ajoutant que «le Maroc a œuvré, ces dernières années, pour mettre en place le cadre juridique adéquat pour consolider cette intégration commerciale, qui s’inscrit, d’ailleurs, dans un cadre gagnant-gagnant et une asymétrie en faveur des pays frères africains.

Abdelkader Amara, ministre de l’Industrie, du Commerce et des Nouvelles Technologies.

 Caravaniers de tous bords

Cette 7e caravane de partenariat bénéficie d’une bonne répartition sectorielle dispatchée entre le secteur BTP (26%), l’électricité et électronique (19%), le pharmaceutique (15%), l’agroalimentaire (14%) les TIC (12%) et chimie-parachimie-plasturgie, le secteur financier et les IMM qui occupent respectivement 7%,4% et 3%. Fait majeur, 38% des caravaniers sont des primo-exportateurs et s’initient au concept de la caravane pour la première fois. Au programme des trois escales figurent des rencontres «B to G» entre les participants marocains et les représentants des gouvernements et des institutions des trois pays, et des rencontres «B to B» entre les participants marocains et leurs homologues du secteur privé dans les pays hôtes, ainsi que des visites de sites industriels et technologiques à Nairobi, à Kinshasa et à Pointe Noire. La mission de prospection dans cette région des grands lacs a également réalisé un grand nombre de rencontres «G to G», entre les représentants des gouvernements, dans le but de présenter les nouvelles opportunités de partenariat qui s’offrent aux opérateurs, ainsi que les mesures susceptibles d’accroître les échanges du Maroc avec ces pays. Abdelkader Amara a ainsi rencontré entre les deux premières étapes du Kenya et de la RDC neuf ministres, en plus du Premier ministre de la RDC Augustin Matata Ponyo qui se félicite que son pays soit «dans le Top 5 des états africains enregistrant un bon taux de croissance», invitant le ministre Amara à transmettre un message aux opérateurs économiques marocains qui ont la volonté et la capacité d’étendre leurs activités en RDC de considérer les domaines à grand gisement de développement comme le BTP, la pêche, l’agriculture, l’hydrocarbure et le secteur minier… un potentiel de business qui devrait selon Abdelkader Amara, prendre comme soubassement pour se lancer «la multitude de conventions signées et d’accords de coopération conclus», promettant de passer le message à bon entendeur ! 

 
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