EnseignementLes chroniques de Jamal Berraoui

Ecoles : La raison finit par l’emporter

C’était l’unique possibilité, le gouvernement a fini par s’y résoudre. L’année scolaire est terminée sauf pour l’examen du baccalauréat, beaucoup d’illusions ont été enterrées.


La première c’est de laisser entendre que l’on pouvait reprendre les cours, tout en respectant les mesures sanitaires. Avec des classes de 42 élèves, des écoles sans eau courante, ce n’était qu’une chimère et il est bon que l’on arrête de divaguer.

Le ministère a aussi balayé l’enseignement à distance. Amzazi a dit devant le parlement que seules les notes obtenues en classe serviront pour les passages « pour assurer l’égalité des chances ». Il reconnaît donc que tous les élèves n’ont pas eu le même accès aux cours à distance, après avoir soutenu l’inverse pendant deux mois. Quand on connaît les déserts digitaux, les réalités des familles nombreuses et pauvres, cette perspective était un mensonge d’Etat. On l’enterre, tant mieux.

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Le ministre dit que le mois de septembre servira à une sorte de remise à niveau. C’est une bonne nouvelle parce qu’il ne faut pas que les élèves traînent ce manque toute leur scolarité.

D’ailleurs, que le baccalauréat ne concerne que deux trimestres peut sérieusement le dévaloriser, mais on ne va pas faire la fine bouche.

Depuis le début de la pandémie, on a mis en retrait le principe de réalité au profit d’un principe de précaution sanitaire, parfois hypertrophié parce qu’il n’y a aucune certitude scientifique. Amzazi, sûrement en voulant bien faire, est tombé dans des rêveries intenables face aux moyens qui sont les siens.

Il n’y a aucune honte à changer d’optique, surtout dans cette période où nul ne sait rien, le cimetière des certitudes étant plein. Mais il faudra répondre à une autre question, celle de l’université, des parcours à sélection préalable et ce n’est pas le plus simple. Une promotion de bac dévalorisé peut-elle suivre un cursus normal à l’étage au-dessus ? C’est une vraie question.

 
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