Les chroniques de Jamal Berraoui

Économie : la longue marche vers le rétablissement

On s’y attendait. Les statistiques sur l’année écoulée ne sont pas bonnes. Certains secteurs comme le tourisme ou l’aérien sont tout simplement sinistrés avec des baisses dépassant les 50%.


Des indices importants comme la vente de ciments ou la consommation de l’énergie baissent fortement. La chute du PIB est évaluée à plus de 7%. Ce sont des chiffres qui étaient annoncés par toutes les études prospectives. Les finances de l’État ont été bousculées par les dépenses liées au Covid-19, mais aussi la chute des recettes fiscales évaluée à 12 milliards de DH. Cette baisse a peu de chance d’être compensée en 2021 puisque l’IS calculé sur les résultats de 2020 va fortement baisser. C’est imparable parce que mathématique.

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Il n’y a aucune surprise dans tout cela parce que la rationalité laissait même penser qu’il y aurait pire. Mais la même rationalité pousse à s’interdire la sinistrose. La campagne de vaccination avance bien, les chiffres concernant les infections diminuent. Cela signifie que les restrictions pourront être allégées avant l’été, juste après le ramadan, ce qui permettrait de relancer des secteurs complètement à l’arrêt. En espérant que nos partenaires les plus importants arrivent aussi à juguler la pandémie, alors que les variants font peur. Les mesures du plan de relance ne donneront leur pleine mesure que dans le contexte espéré décrit plus haut.

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Mais de bonnes nouvelles sont déjà là. Si la pluviométrie du mois de mars est au rendez-vous, la campagne agricole pourrait être exceptionnelle et mettre du baume au cœur de nos agriculteurs. Des investissements pour un total de plus de 50 milliards de DH ont été agréés. Ceci signifie que la confiance dans le potentiel du pays est toujours là. Tous les économistes vous diront que c’est un ingrédient indispensable à toute reprise. Si ces conventions d’investissements se matérialisent, l’impact sur l’emploi sera très fort.

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Ce n’est pas un appel à la béatitude. Raisonnablement, nous ne pouvons pas espérer retrouver le niveau de 2019 dès 2021. Mais nous pouvons entamer un cycle de croissance important. Le plus dur, c’est de le renforcer pour qu’il replace l’économie marocaine sur le chemin de l’émergence. La prochaine majorité devra affronter ce défi historique tout en réussissant le projet d’extension de la protection sociale. Il faut y croire parce que c’est possible.

 
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