L'édito

Édifions ensemble…mais dans la clarté

Nous ne cesserons jamais d’apprécier l’attachement des Marocains résidents à l’étranger à leur patrie. Ils font preuve d’un attachement solide à leur pays, à leur Roi, à leurs familles et à la préservation de l’unité et de l’ « intégrité nationale ». Vivant à Paris, Marseille, Milan, Madrid, Bruxelles, Ajax, Abu Dhabi et Riad, ils portent l’étendard national et donnent la réplique vraie et percutante aux ennemis de notre unité nationale. Ils n’attendent rien en contrepartie, mais réclament de leurs compatriotes diplomates, des promoteurs immobiliers et des agents de l’administration de les traiter avec dignité. Pour ceux qui ne connaissent pas encore le rôle de nos MRE, il suffit de relater les chiffres de l’Office des changes au titre de l’année 2016. L’aggravation du déficit de notre balance commerciale a trouvé dans les 60 milliards de DH de transferts des citoyens marocains de l’étranger, un moyen pour continuer à importer et à équiper notre pays. Les voyageurs non-résidents ayant choisi notre pays pour passer leurs vacances ont, eux aussi, donné à la balance « voyages » un solde très largement positif avec plus de 47 milliards de DH. C’est une façon de dire que l’image de notre pays continue à refléter la stabilité maintenue, grâce à la fervente politique Royale menée avec conviction par le Souverain.


Loin de constituer un évènement anodin, l’élection du Président de la Chambre des députés qui a permis à Lahbib El Malki d’accéder au perchoir de la première Chambre, en dit long sur une vie politique nationale en difficulté. Le nombre de sièges obtenus lors des élections du 7 octobre par les partis, devait se traduire dans la pratique par l’obtention de postes de décision selon une pondération liée aux moyennes des voix obtenues par les partis. En définitive, une autre logique privilégiant le statu quo a prévalu. Loin de juger les acteurs avec des instruments d’un manichéisme dépassé par un certain réalisme politique, il est temps de faire des lectures qui reflètent le présent de la pratique du pouvoir dans tous ses compartiments. Enregistrer des scores électoraux n’est pas le fruit d’un hasard où certains sont taxés de purs et d’autres de pires joueurs anti-démocratiques. Tous les acteurs ne sont pas irréprochables. Entre l’utilisation de l’argent lors des campagnes électorales, l’inaction des élus locaux en matière du contrôle urbanistique et de l’exploitation des valeurs religieuses pour détourner la valeur de la démocratie, le citoyen finit par assister à des scènes qui démasquent le jeu des acteurs. Hier l’ennemi était infréquentable, aujourd’hui il est respectable et apte à rejoindre le rang des alliés et demain, il pourrait gérer des départements ministériels. Comment convaincre les sceptiques et les abstentionnistes et fidéliser ceux qui ont voté et cru que les autres sont des mauvais. C’est une question à laquelle il faut répondre avec clarté…

L’équation gouvernementale est toujours insoluble et la liste des ministres ne sera pas connue dans un avenir très proche. Malgré la mise en place des structures de la Chambre des députés et les comportements énervés des grands électeurs et de certains partis, le Gouvernement devra attendre un consensus hypothétique entre Benkirane et ses interlocuteurs. Le « printemps des déclarations » n’a point fait apparaitre la beauté des champs et celle des fleurs. Les visages crispés et les communiqués stériles ont prévalu. Le Chef du Gouvernement a décrété la fin de la parole et son principal interlocuteur, en l’occurrence Aziz Akhannouch, lui répond, avec un savoir-faire communicationnel, que la scène de demain ne sera plus comparable à celle de 2016. Les terrains seront investis avec des méthodes qui rappellent celles de la gauche, reprises par le PJD et bientôt réinvesties par le RNI et aussi par le PAM. Au-delà de la formation de la prochaine équipe gouvernementale, ce sont de nouvelles pages qui sont en train de s’écrire pour occuper les champs de la communication politique. L’idéologie, la religion, le travail social intéressé et la proximité organisationnelle sont autant de défis que d’atouts pour l’ensemble des partis à partir de demain… n

La Rédaction

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