Blog de Jamal Berraoui

Egypte : la guerre civile est là

Sur les réseaux sociaux, les Marocains montrent un intérêt presqu’exclusif pour ce qui se passe en Egypte. Ce qui est normal vue l’énormité de l’événement. Les tentatives de comparaison avec le Maroc sont nulles et non avenues. Le Maroc n’a pas connu de révolution, l’institution monarchique est la garante du bon fonctionnement des institutions et le jeu politique est encadré par une constitution qui n’est pas chahutée par les principaux acteurs.


Le fait que Benkirane soit accusé par certains de tentation hégémonique, alors que le PJD n’est même pas majoritaire, que le chef du gouvernement utilise une phraséologie semblable à celle de son « modèle » Morsi, ne suffit pas à comparer l’incomparable.

De la même manière, ni la condamnation du coup d’Etat, c’en est un même si les manifestations servent de couverture, est assez majoritaire. Mais, il faut se résigner, la marche forcée vers la guerre civile paraît irréversible. Malgré l’argent des Saoudiens et des Emiratis, heureux de contrer le Qatar, pour alléger le fardeau social.

Les frères musulmans, en 80 ans d’existence ont vécu toutes les situations de la complicité avec le pouvoir, au complot, en passant par la clandestinité. L’organisation secrète, qui jure allégeance sur le Coran et le révolver, a toujours coexisté avec le bras politique officiel, est toujours là. La Jamaâ Islamya, son allié n’a abandonné le terrorisme qu’à la fin des années 90.

Les morts sous balles de l’armée, la fermeture des locaux, l’arrestation des dirigeants Islamistes vont remettre en cause l’adhésion à la démocratie.

C’est le modèle algérien dans toute sa splendeur, les manifestations de soutien à l’armée en moins. Le pays est réellement divisé. Les supposés démocrates et le camp Islamiste mobilisent par millions. Les Islamistes ne vont pas accepter le coup de force et ont déjà appelé au soulèvement. En répondant par le bain de sang, l’armée, sans le soutien des USA cette fois, a pris la responsabilité d’envoyer le pays en enfer. Après la Syrie, l’Egypte implose. Le printemps arabe vire définitivement à l’horreur. Restera un acquis, les peuples savent que la rue a son importance. Mais c’est l’histoire qui nous enseigne qu’il n’y a pas de mouvement révolutionnaire, sans direction révolutionnaire qui impose ses leçons.

J.B

 
Article précédent

D’une caravane à l’autre

Article suivant

500 millions de dirhams pour soutenir le pain