Blog de Jamal Berraoui

Egypte : Ils sont devenus fous par ( Jamal Berraoui )

Un tribunal égyptien a condamné collectivement 692 accusés à la peine de mort, et cela à l’issue d’un procès qui a duré 48 heures. Auparavant, le même tribunal avait condamné près de 600 personnes à la peine capitale. En appel, 37 mises à mort ont été confirmées, le reste a été transformé en prison à perpétuité.

Toutes les ONG internationales crient au scandale, au lynchage politique. Les USA, par les voix les plus autorisées parlent de dictature, sanglante, de justice instrumentalisée. Le congrès américain refuse le maintien de l’aide militaire, 3 milliards de dollars, Ashton au nom de l’Union Européenne, condamne ce qu’elle appelle « une violation inédite des règles de droit ». La stupéfaction est unanime.

Il faut savoir que depuis le coup d’Etat, il y a eu 300 morts et 23000 prisonniers qui sont en grève de la faim. Des manifestants pacifiques ont été condamnés à 17 ans de prison, parce qu’ils ont manifesté. Le mouvement du 6 avril, qui a soutenu Sissi au début, a été interdit. Plusieurs dizaines de jeunes laïcs sont en prison.

En Egypte, Sissi et les siens ont opté pour une sorte de solution finale qui consisterait à mettre hors d’état de nuire tout opposant. La résistance populaire malgré la répression féroce, s’exprime par le biais de manifestations populaires.

Dans toutes les démocraties, des mouvements de soutien s’organisent. Au Maroc, on en est loin. Ce que je propose c’est d’oublier nos querelles idéologiques, et de créer un vaste mouvement de soutien sur la base des droits de l’Homme. Il n’est pas question de l’appréciation du gouvernement Morsi, mais juste de dire qu’on ne condamne pas à mort un individu qui a exprimé pacifiquement, une position politique.

Les nouvelles autorités égyptiennes croient pouvoir jouer la carte russe. Le discours envers l’Occident est le suivant « soit vous fermez les yeux, soit nous nous allions à Poutine ». Cela ne fonctionne que timidement. Le printemps arabe a laissé des traces en Occident, parmi lesquelles, la culpabilité vis-à-vis du soutien aux dictateurs. Comme au Caire, ils ont battu tous les records, les capitales occidentales ne peuvent pas regarder ailleurs.

Enfin, les nouvelles autorités sont en face à la plus grave crise économique de l’histoire de l’Egypte. Le taux d’inflation est de 17 %, le chômage est au plus haut, les services publics sont à l’arrêt. Ajoutez à cela le terrorisme qui s’amplifie et vous comprendrez que la révolution égyptienne est à refaire.

 
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