Les chroniques de Jamal Berraoui

El Othmani à cœur ouvert

Le Chef du gouvernement a reçu quelques journalistes, dans un format de discussions à bâtons rompus, plutôt qu’un briefing traditionnel. Toutes les questions ont été posées, il a répondu à quelques-unes, en a esquivé d’autres, mais la tonalité était très franche.


Il a reconnu que son grand regret était la question de la Santé. « Nous avons échoué parce que  le problème n’est pas, uniquement,  budgétaire mais c’est celui de la gouvernance ». Il préconise la constitution d’un Conseil national de la Santé, institution indépendante qui aurait en charge l’évaluation continue et l’élaboration de propositions stratégiques. Ce que « le gouvernement n’a pas réussi à faire ».

Il n’est pas tendre avec l’Administration qu’il considère comme un frein aux réformes. Malgré tout, il est heureux d’avoir mené à bien la réforme administrative, la déconcentration, la loi-cadre sur la fiscalité, la protection sociale généralisée. Sur ce dossier, il écarte pour le moment, la suppression de la caisse compensation en faveur de l’aide directe, alors que c’était une proposition de campagne du PJD en 2011.

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Sur la diplomatie, il explique que « le Maroc est dans une nouvelle phase où il met des lignes rouges dans ses partenariats ». Il esquive la question sur la dernière déclaration de Omar Hilal.

Sur le plan politique, il accepte le constat de l’échec du champ politique, de l’impossibilité de majorités cohérentes, regrette le nouveau concept de quotient électoral. « C’est peut être gérable au niveau du Parlement, au niveau des communes, cela sera la catastrophe ». Son raisonnement tient la route, la représentation sera éparpillée et les présidents seront à la merci des marchandages et des autorités, c’est un vrai recul.

Par contre, et c’est important, il annonce qu’après le scrutin du 8 septembre « il n’exclut aucune coalition et qu’il n’est contre aucun parti ». C’est important parce que cela fait écho au nouveau président du PAM.

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Contrairement à Benkirane, il veut faire campagne sur son bilan. Il a mis en ligne, tous les taux de réalisation de son programme et compte maintenir une évaluation périodique. L’homme était détendu, mais déterminé et parfois convaincant.

 
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