Industrie

Emplois dans l’industrie. Moulay Hafid Elalamy fustige les chiffres du HCP

Intervenant devant la Commission des secteurs productifs du Parlement, afin de faire le point sur les réalisations du Plan d’accélération industrielle 2014-2020, Moulay Hafid Elalamy, ministre de l’Industrie et du commerce, a qualifié de « faux » les chiffres sur les emplois dans l’industrie communiqués par le Haut-Commissariat au Plan (HCP), sans le nommer.


Décidément, les chiffres sur l’emploi dans le secteur industriel communiqués au cours de ces trois dernières années par le Haut-Commissariat au Plan (HCP), ne sont pas du tout au goût du ministre de l’Industrie et du commerce. Après la polémique sur le même sujet en 2018 et qui s’était traduite en guerre de chiffres entre Elalamy et le Haut commissaire au plan, Ahmed Lahlimi, le ministre a jeté à nouveau un pavé dans la mare.

Lors de son passage, mercredi 23 juin devant la Commission des secteurs productifs de la Chambre des représentants, il a qualifié de « faux » les chiffres du HCP sur les emplois industriels. Sans le nommer, Elalamy se dit surpris qu’une institution en charge des statistiques officielles arrive à induire en erreur la communauté internationale et les observateurs sur des chiffres aussi stratégiques que ceux de l’emploi. Des statistiques, qui selon lui, sont de plus, repris par les institutions internationales.

Aux chiffres du HCP, le ministère de l’Industrie, qui dément les pertes d’emploi dans l’industrie, leur a préféré les données de la CNSS qu’il a présentées comme une caution indépendante de la validité des chiffres qu’il avance. 

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Il faut dire que devant les députés de la Commission des secteurs productifs du Parlement, Elalamy a dressé un bilan qui dépasse les objectifs fixés en termes d’emplois industriels. Le secteur a contribué à la création de 565.483 postes sur la période allant de 2014 à 2020, alors que l’objectif de départ était de 500.000 emplois à pourvoir. Ce chiffre est en redressement continu. Le nombre de créations d’emplois dans le secteur a atteint les 665.000 emplois aux premiers mois de l’année 2021. « Ces chiffres se réfèrent aux emplois déclarés à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) », martèle le ministre de l’Industrie. Donnant encore plus de détails, Elalamy a indiqué que 82% de ces nouveaux postes créés sont portés par quatre secteurs, à savoir l’automobile, le textile, l’agro-industrie et l’offshoring.

Mais ce qui a suscité le plus sa fierté, c’est les femmes, qui dit-il, sont de plus en plus nombreuses à s’impliquer dans ces domaines. Selon lui, la moitié des postes créés durant les six dernières années est occupée par des femmes. Il relève dans ce sens un taux de 50,4% contre 49,6% pour les hommes.

Aujourd’hui, il reste à savoir si le patron du HCP va répliquer ou pas suite à cette sortie de Elalamy, comme il l’avait fait en 2019. A l’époque, la polémique avait pris une telle ampleur que Lahlimi a demandé une réunion urgente avec le Chef du gouvernement. Cela avait alors poussé, le Chef du gouvernement, Saad-Eddine El Othmani à diffuser une circulaire relative à la création d’un comité de vigilance sur le marché du travail. Ce dernier, avait pour mission de fournir des données précises sur la création et la disparition des postes. Le comité devait faire un suivi périodique du bilan des plans de développement et de la stratégie sectorielle dans le domaine de la création d’emplois directs et indirects.

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Bien avant El Othmani, c’est le gouvernement Benkirane qui s’était fâché contre les chiffres du HCP en janvier 2014. En guise de riposte à une sortie d’Ahmed Lahlimi sur les prévisions économiques, le Chef de gouvernement de l’époque, Abdelilah Benkirane, avait annoncé que l’exécutif planchait sur un projet de loi portant sur la création de l’Agence autonome des prévisions économiques et des statistiques (AAPES). Une instance qui devrait être mise sous sa tutelle directe. Il n’avait pas, pour autant, donné davantage de détails sur cette future agence.

Mais ce projet s’apparentait clairement à une caisse de résonnance en vue de faire contrepoids aux études et estimations du HCP, souvent à l’opposé de la ligne de conduite prônée par son gouvernement.

A noter que sur son site officiel, HCP se définit comme étant « une structure ministérielle érigée en septembre 2003 en une administration de mission, sous l’autorité d’un Haut commissaire au plan nommé, avec rang de Ministre, par S.M le Roi ».   « Le HCP est une institution jouissant d’une indépendance institutionnelle et intellectuelle dans l’établissement de ses programmes et la conduite de ses travaux d’enquêtes et d’études.   Il est le principal producteur de l’information statistique économique, démographique et sociale et chargé de l’établissement des comptes de la nation.   Il élabore des études dans les domaines de la conjoncture, du cadrage macroéconomique et de la prospective », ajoute l’institution dirigée par Lahlimi, depuis sa création. 

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