Economie

Energie: Nareva sort le grand jeu à Tarfaya

Nareva Holding et GDF Suez mettent la main dans la main pour lancer le plus grand parc éolien d’Afrique. Ce parc représentera près de 40% de la capacité éolienne totale du pays lors de sa mise en service commerciale en 2014 et réduira la dépendance énergétique de 5%.



U
n milliard de KWH par an. C’est le volume de la production électrique que devrait en principe générer dès 2014, le parc éolien de Tarfaya, l’un des plus grands projets éoliens annoncé le 7 février dernier  au Maroc et piloté par Nareva Holding, filiale de la SNI et par le groupe français GDF Suez. Ce jour-là, un communiqué officiel annonçait la construction d’un  parc éolien d’une puissance de 301,3 Mégawatts à une vingtaine de kilomètres de la ville de Tarfaya dans le Sud du Royaume. Sélectionné parmi 15 candidats en octobre 2010 suite à un appel  d’offres de l’ONEE dans le cadre de la loi 13-09, le consortium Nareva Holding-GDF Suez a opté pour l’équipement de ce site pour du « matériel de dernier cri.  (…) Les travaux ont démarré en décembre 2012 et la mise en service est prévue pour la fin de 2014 », indique Ahmed Nakkouch, PDG de Nareva Holding. Pour  piloter ce vaste projet, Nareva et GDF ont créé une nouvelle société, Tarfaya Energy Company, TAREC. L’électricité produite par le nouvel opérateur sera «vendue pendant une durée de 20 ans à l’ONEE.  Au terme de cette période, le parc deviendra la propriété de l’office», précise Ahmed Nakkouch, PDG de Nareva Holding. 

Réduction de 5% de la dépendance  énergétique

Il est à rappeler que le Maroc a adopté une stratégie énergétique qui vise à porter la part des énergies renouvelables dans son système énergétique à 42% à l’horizon 2020. Depuis l’adoption de la loi 13-09 libéralisant la production de l’électricité, les opérateurs privés sont également mis à contribution et peuvent désormais produire de l’énergie et la revendre, à charge pour  l’ONEE d’en assurer le transport. Le parc éolien de Tarfaya est d’ailleurs le quatrième partenariat public-privé (PPP) du genre dans le domaine énergétique.  Basé sur le modèle «Build, own, operate and Transfer» (BOOT), le parc bénéficie d’un facteur de charge (taux moyen de fonctionnement des éoliennes grâce au vent) de 45%. S’étendant sur une  superficie de 728 ha, le parc voit les choses en grand.

Et ce, aussi bien en termes d’équipements que de superficie. Le parc sera ainsi doté de turbines de 2,3 MW,  de pales de 101 mètres de diamètre et de tours qui grimperont jusqu’à 86 mètres de hauteur. Mobilisant une enveloppe budgétaire de 5 MMDH, dont 4 MMDH  assurés par des prêts bancaires auprès d’Attijariwafa Bank, de la Banque Centrale Populaire et de la BMCE, le parc éolien de Tarfaya aura des incidences économiques certaines tant sur le plan  de l’intégration de la production locale (2 MMDH) que sur le plan énergétique. De surcroît, le «parc permettra de contribuer à hauteur de 15% dans la stratégie  énergétique 2020 du Maroc et de réduire de 5% la dépendance énergétique. Sa production permettra de couvrir les besoins en électricité d’une ville d’un million et demi d’habitants », déclare Ahmed Nakkouch. 

De son côté, Gérard Mestrallet, PDG de GDF Suez, a affirmé dans un communiqué que le parc de Tarfaya représentera  à lui seul environ  40% de la capacité de production. «C’est le plus important parc éolien au Maroc et sur l’ensemble du continent africain», a-t-il assuré. A signaler également, que Nareva  Holding n’en est pas à son premier coup d’essai. La holding a déjà piloté un premier projet réparti sur trois parcs éoliens (le premier à Haouma dans le Nord, le second à Akhfénnir et  le troisième à Foum El Oued dans le Sud) en partenariat avec la CIMR (25% du capital). Ce projet à trois volets a été autorisé en novembre 2011 et les travaux ont démarré en janvier  2012. Depuis janvier dernier, un premier site est entré dans la phase de production et le reste des sites devrait suivre d’ici juin 2013. La production est vendue à  des opérateurs industriels clients en haute tension : Air Liquide, Lafarge, Sonasid, Samir, OCP… Réalisé à 100% par des compétences marocaines pour un coût  de 3,2 MMDH, ce projet a été certifié Mécanisme de développement propre en 2011 par l’ONU. Une réussite 100% made  in the bled. ■ 

 
Article précédent

Le koweïtien Al Taamer s'installe au Maroc

Article suivant

Pour une diplomatie marocaine novatrice en Afrique Subsaharienne