Portrait

Entrepreneur à 23 ans, musicien par passion


Il a l’énergie et le dynamisme de sa jeunesse. A 23 ans à peine, ce musicien qui joue de cinq instruments, a déjà un CV étoffé et s’est lancé dans l’entreprenariat en parallèle de ses études. Par  Noréddine El Abbassi

Camil Kanouni, c’est un jeune homme confiant en la vie, avec la fraîcheur de jeune adulte. Il s’est lancé dans un business où il ne peut que réussir, en connaissant toutes les arcades et dans les moindres recoins. Svelte et athlétique, il ne porte pas le traditionnel costume cravate, mais opte plutôt pour le jean et le t-shirt. Son business? La musique. Option qu’il a choisie depuis le lycée, quand il a décidé de s’orienter vers cette voie, ô combien difficile, mais où il compte sur son talent pour percer.
Camil qui est l’aîné des deux enfants d’un cadre dirigeant et d’une chef d’entreprise, est né en 1992. Il fait partie de cette nouvelle génération de jeunes, qui affichent leur appartenance marocaine sous toutes les formes: “Je suis réellement amoureux du Maroc tel qu’il est et dans toutes ses différentes facettes. Mon grand plaisir a toujours été de voyager à travers le pays, et ce, depuis l’enfance,” explique-t-il, dans un élan de sincérité, lorsque son timbre monte dans les aigus et que sa voix se fait plus rapide. Ses yeux pétillent de plaisir, quand il évoque ses voyages d’enfant dans le Royaume. On sent une réelle “passion” pour tout ce qu’il entreprend.
“Je viens d’une famille modeste, même si, “hamdoulilah”, on n’a jamais manqué de rien”, avance-t-il au détour d’une question. Cette “appréciation”, il la tire sans doute de son parcours scolaire qui, dès le départ s’est déroulé dans le système français. Mais le déclic qui déterminera sa vie future, se fera à l’âge de quatre ans, lorsqu’il intègre l’Ecole Internationale de Musique, dans le simple but de s’initier au piano. Prémonitoire “et déterminant” ce parcours, puisqu’il lui permettra de découvrir et de développer ses talents musicaux. C’est ainsi qu’il est en mesure de jouer de cinq instruments, dont la guitare et la batterie. L’on ne peut s’empêcher de penser très fortement “one man army” de la musique “Pop”.

“Monter à Paris pour” les études

A l’école, il est plutôt bon élève. Il s’orientera vers les études économiques, comme s’il se préparait déjà pour le monde des affaires. Ce n’est cependant qu’au stade de la première du cycle secondaire, qu’il entrevoit ce que sera son avenir: “j’étais un peu perdu. Je ne savais pas quelle voie poursuivre, mais j’étais sûr que je voulais faire de la musique. Il me fallait  donc choisir un métier, en accord avec cette exigence. C’est sur internet, que j’ai déniché l’école qu’il me fallait, l’ESRA. Dès lors j’étais motivé,” explique-t-il, sans jamais se départir d’une confiance presque enfantine.
Sa “motivation”, il en fera montre dans la foulée, en enregistrant, en publiant une vidéo de reprise, avec sa petite soeur: “à cette période, les vidéos de frères et soeurs devaient avoir la cote. Notre vidéo a enregistré plus de 100.000 vues sur YouTube. J’ai alors réalisé qu’internet est un formidable outil de promotion”, explique-t-il. L’expérience sera payante, puisque ses vidéos lui donnent déjà un CV de musicien, et qui convainc le jury d’admission.
En 2010, le Bac en poche, Camil s’envole pour Paris poursuivre son rêve.
Les études audiovisuelles ne sont pas une partie de plaisir, loin s’en faut. Là, il multiplie les collaborations pour étoffer son CV. Mais ce n’est qu’en 2013 que sa carrière de producteur démarre réellement. A cette date, tour à tour, il signe avec TF1 pour son premier projet de musique à l’image (de la musique pour accompagner un film, par exemple) avec le morceau Color Co composé avec Loic Le Dévéhat.

Musicien de scène, de studio et producteur

Lequel est passé sur la série Falco. Puis ce sera une musique de pub type Dance/Soul, pour une société audiovisuelle, qui propose leur catalogue audio à la chaîne D8. En 2014, il est déjà lancé, puisqu’on lui commande une musique à l’image par Sony pour Bayer. Camil continue de suivre la musique au gré de ses passions. Ses passions ce sont les gens: “je suis quelqu’un qui s’intéresse aux gens et à leur histoire.” Et des rencontres, il en fait. Avec le musicien Meezo en 2013, avec lequel s’établit une collaboration. Camil produit alors le “single” M’woopy de Meezo L Fadly actuellement nominé aux AFRIMA 2015 où il a travaillé sur l’arrangement, les instruments et le mix. Camil est donc déjà un artiste primé puisqu’il a collaboré au court métrage Génération Y en Juin 2013 avec la boîte de Production audiovisuelle indépendante parisienne, OMEN. “Nous avons gagné le prix des internautes aux Digital Movie Awards. J’ai utilisé deux musiques que j’avais composées pour mon premier EP: “The Camileon”, en 2013 pour habiller le court métrage ainsi que le mix et l’enregistrement de la voix Off.” explique-t-il, toujours avec un accès de joie et de fierté non dissimulé.
Changement de style, dans la musique cette fois-ci. Camil collabore et accompagne le musicien Galy sur scène. Autre projet marquant, avec  Mamoun Iraqui Houssaini, rencontré en 2012. “Il chante des vieux poèmes Malhoune (louanges au Prophète) sur de l’electro oriental alternatif. C’est un OVNI, une rencontre de deux écoles séparées de deux générations,” assène-t-il, joyeusement. Aujourd’hui, il sort son second EP, “Somewhere In My Mind”. Camil Kanouni  continue de gérer son studio à Paris, sans négliger pour autant des activités au Maroc. Mais il poursuit également ses études en parallèle, puisqu’il a intégré le cycle “Music business” d’ATLA en 2014. Entrepreneur à 23 ans et musicien par passion, c’est réellement le cas ! 

 
Article précédent

Volkswagen abat ses cartes

Article suivant

«La marque «Maroc» est de plus en plus sollicitée en Afrique»