Blog de Jamal Berraoui

Et si El Gahs revenait ? par ( Jamal Berraoui )

Cela fait six ans que Mohamed El Gahs est absent du débat public. Il a fait une seule exception en réagissant après les élections de 2011. Pourtant, il garde une image très positive. Journaliste talentueux, homme de principes, il a aussi réussi en tant que secrétaire d’Etat à la Jeunesse. Malheureusement, ce qu’il avait initié sur le livre, le théâtre a été dilapidé par ses successeurs.


El Gahs est un écorché vif, un garçon entier. Il a été profondément blessé par le comportement de plusieurs responsables, y compris au sein de son parti à son égard. Mais cela ne justifie pas ce silence de 6 ans !

Aujourd’hui, le débat public s’enlise dans des polémiques stériles. Les fruits du discours du 9 mars 2011 sont en train de pourrir par la faute des politiques et le désintérêt des intellectuels. Lui qui avait écrit un éditorial intitulé « L’ère de rien » et qui s’efforçait de donner, voire créer du sens à l’action publique, ne peut pas ne pas ressentir la même amertume que tous les compagnons d’aventure.

Jeune, il l’est encore, et il est en possession de tous ses moyens. Il s’est engagé politiquement à 14 ans, a été l’une des plumes les plus appréciées au Maroc, dans les deux langues, a suscité la sympathie au-delà de son parti d’origine.

Il est en droit de rompre avec ce parti, mais il ne devrait pas perpétuer son exil intérieur pour trois raisons :

–      Seule une sortie par le haut, une conceptualisation de la période historique, peut éviter au pays les risques que l’instabilité régionale fait peser. Or, il sait faire, puisqu’avec Nadir Yata, il avait plaidé, avant l’heure, le consensus avancé.

–      Les valeurs d’ouverture, de tolérance, sont battues en brèche par un travail de sape quotidien. Or, c’est son combat essentiel.

–      La grasse inculture des acteurs du débat public effraie les élites délitées qui se réfugient dans le scepticisme et il est temps de recentrer les débats autour de la vision qui a fondé son engagement.

Il y a une autre raison, plus intime, plus personnelle. Il manque réellement à ses amis et de manière cruelle. Il a non seulement le talent et la charge cognitive pour influer sur le débat, mais aussi le soutien de tous ceux qui l’ont connu. C’est quand tu veux Si Mohamed !

 
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