Portrait

Etudiante en économie, en ingénierie, inventeur de génie

Qui a dit que Star Trek était une fiction? Wesley Crusher, le «wonder kid» de Next Génération, est une fille, et elle est marocaine! Oum Kaltoum Nafakh Lazraq, est née à Meknès et a grandi à Casablanca. Elle collectionne les prix d’innovation pour ses inventions «révolutionnaires».


La valeur n’attend pas le nombre des années, dit l’adage. Oum Kaltoum Nafakh Lazraq est l’incarnation de cette «sagesse». Avant même d’avoir terminé ses études, cette jeune marocaine a inventé un «scanner», un bracelet qui relève les signes vitaux de la personne. Lorsqu’elle présente son appareil, on ne peut s’empêcher de penser au Médecin du vaisseau Entreprise, dans la première génération de Star Trek, «Bone» Mc Coy. «Ce n’est pas un relevé de vos maladies, mais cela permet tout de même de surveiller l’état de santé, pour un diabétique ou un malade cardiaque», tempère-t-elle, modestement.

Elle est née en 1993, à Meknès, d’un couple de banquiers. Second enfant de la fratrie, elle garde très peu de souvenirs de cette enfance, marquée par le décès précoce de son père. Le drame «soudera» la famille autour de sa mère, Khadija, qui, dès lors, «mère courage», jouera aussi le rôle de père. «Elle était très présente et veillait à ce que nous ne manquions de rien. Elle s’est lancée dans les affaires et gérait différentes entreprises», développe Oum Kaltoum, avec sa voix «fraiche» de jeune fille studieuse, que l’on devine trop «sérieuse».

Mais même sans père, Oum Kaltoum grandit dans les mêmes conditions que ses camarades. Elle apprend le piano, fait de la danse classique et s’initie à l’équitation. «Ma mère voulait que nous touchions à tout, qu’on découvre différentes activités pour ensuite faire nos propres choix», explique-t-elle. Mais ce n’est pas une enfance de jeune bourgeoise «bien née». Les études viennent en premier plan, et Oum Kaltoum est déjà une «première de la classe», et au premier rang.

Les loisirs de Oum Kaltoum sont «sains». Comme toute une génération de jeunes, elle est passionnée de la saga Harry Potter. «J K Rowling nous a redonné le goût de la lecture. Ma génération a ensuite commencé à lire des «classiques» de la littérature française, d’ailleurs au programme de nos classes et à notre disposition. Ce qui ne se fait plus de nos jours», regrette-t-elle, avec une certaine maturité d’enfant «mûrie trop vite» par la vie.

La filière Londonienne
Evidemment, c’est vers les sciences qu’elle se tourne, filière d’ «élite», encore dans l’imaginaire marocain. Elle s’envole alors pour Londres, suivre un double cursus en gestion et en ingénierie mécanique à UCL et à la prestigieuse London School of Economics. «Plus jeune, j’ai étudié au Centre Américain pour apprendre l’anglais. Je pensais avoir un «bon niveau», mais arrivée en Grande Bretagne, je me suis rendu compte que ce n’est pas aussi évident», explique-t-elle.

Oum Kaltoum finit par s’adapter à la mégapole de Londres, mais ne lâche pas le collet de ses études, comme si souvent cela est rapporté dans la vidéo «t’es party». Elle «bûche» durement, et se concentre sur les études. «Il y avait tout un niveau à rattraper, et il fallait que les études soient mon seul intérêt de cette période. Je ne pouvais pas faire autre chose», confie-t-elle.

Mais Londres est également une grande ville «culturelle». Oum Kaltoum court les différentes conférences, multiples et variées, dont regorge quotidiennement la capitale britannique. De fait, elle s’instruit en permanence, sans discontinuer. A l’Ecole, elle se spécialise en Ingénierie Mécanique: «lorsque j’ai commencé, je ne savais même pas ce que c’était. Mais lorsqu’on a avancé dans le programme, je me suis réellement intéressée aux moteurs, aussi bien d’avions que d’automobiles», développe-t-elle.

Dans la foulée, Oum Kaltoum développe différents projets. D’abord, elle «design» une voiture de course, au sein d’ une équipe où elle est la seule Africaine de la «team». C’est un «challenge», puisqu’en 2 mois, elle met en oeuvre la conception de l’engin, de bout en bout, depuis les dessins aux composants. L’expérience sera couronnée par un Prix en 2015, pour «most efficient, most innovative». La pièce primée est un rotor pour moteurs. L’année suivante, c’est une autre invention, son fameux bracelet «heath monitor» (surveillant de santé), un dispositif qui mesure le taux d’oxygène, les battements cardiaques et les signes vitaux. Un dispositif qui permet de détecter les signaux à risques.
Depuis cette jeune «surdouée» poursuit ses études, qui, espérons-le, seront «truffées» d’inventions révolutionnaires.

BIO EXPRESS

1993: naissance à Meknès
2011: Bac S au Lycée Lyautey
2015: Prix de Design pour un Rotor de moteur
2016: Prix pour un bracelet «health  monitor»

 
Article précédent

Challenge 587

Article suivant

Bruit au travail : quelle protection pour les employés ?