Energie

Euro-Méditerranée : un marché de l’électricité et du gaz en gestation

Le lancement de la seconde des trois plateformes euro-méditerranéenne dans le secteur énergétique, hier lundi 12 octobre, a été l’occasion pour le ministre de l’Energie de rappeler l’importance des interconnexions pour l’intégration énergétique régionale, en appelant à la création d’ « un groupement d’intérêts régional ».


Après le lancement de la plateforme euro-méditerranéenne pour la coopération sur le gaz en juin 2015, et en attendant celle sur les énergies renouvelables, place aujourd’hui à la plateforme de l’UpM sur le marché régional de l’électricité. Son lancement a été officialisé hier lors de la réception par le ministre de l’Energie, Abdelkader Amara, du Commissaire européen pour l’action climatique et de l’énergie, Miguel Arias Cañete, accompagné de la Secrétaire générale adjointe pour l’énergie de l’UpM, et en présence du conseiller du ministre jordanien de l’Energie.

C’est la seconde des 3 plateformes de l’énergie initiées par la rencontre de Rabat de mai 2015 dernier, où a été décidé le lancement de trois plateformes de l’UpM dédiées au gaz, à l’électricité et aux énergies renouvelables. Cette initiative s’inscrit dans une tendance régionale, en cours depuis une décennie déjà, vers la mise en place d’un marché énergétique régional intégré et compétitif, qui offre sécurité d’approvisionnement, optimisation des capacités énergétiques et ouverture sur les énergies alternatives.

De toutes les formes de coopération économique dans la région euro-méditerranéenne, celle relative aux énergies n’est certainement pas la plus simple. Les besoins, le potentiel ainsi que les stratégies des différents pays du pourtour méditerranéen sont pour le moins différenciés, dans leur expression opérationnelle, comme du point de vue de la convergence des actions des uns et des autres. Mais comme l’indiquait Abdelkader Amara dans son discours d’hier, « des complémentarités » existent entre les pays euro-méditerranéens, il s’agit alors « de convertir toutes les opportunités de coopération offertes au sein de (la) région en projets concrets d’intérêt commun ».

Au Maroc, les réformes sont en cours, dont la dernière en date est le projet de création d’une Autorité nationale de régulation de l’électricité, que le ministre espère lancer officiellement au premier semestre 2016.

Appel au lancement d’un groupement d’intérêts régional pour le GNL

« Intérêt », c’est bien la raison d’être de cette plateforme énergétique euro-méditerranéenne. Parce qu’il n’est pas seulement question de coopération sectorielle, mais également d’harmonisation des cadres juridique et réglementaire, de mobilisation des financements et de choix technologiques que les pays du Sud de la Méditerranée seraient en mesure d’implémenter, de gérer et d’optimiser.

Rappelant ainsi l’importance des interconnexions existantes comme base de travail viable – l’interconnexion électrique entre le Maroc et l’Espagne a été utilisée à hauteur de 120% en 2014, Abdelkader Amara a saisi l’occasion du lancement de la plateforme électrique pour « lancer un appel aux différents pays de la région importateurs de GNL pour œuvrer ensemble  la mise en place d’un groupement d’intérêts régional visant à adopter des règles et des mécanismes appropriés pour faciliter les échanges et la liberté de mouvements du GNL et casser la rigidité qui avait caractérisé  ce secteur durant les 30 dernières années ».

Comme pour l’électricité, le ministre de l’Energie a l’idée de promouvoir une mutualisation des infrastructures de GNL de la région pour sécuriser là aussi l’approvisionnement en la matière dans la région à plus long terme. Dans son élan, le ministre place aujourd’hui le Maroc dans une ambition régionale de hub de GNL.

 
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