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Faits de foot : quand le sexe s’en mêle

Il va falloir que les mâles de tous bords se le disent sérieusement et s’adaptent très vite. Le cinéma, le sport et donc la société ne sont plus ce qu’ils étaient. Même les commentateurs des rencontres qui, hier encore, parlaient de matchs « viriles », vont devoir recourir à un vocabulaire plus réfléchi. Il est fini le temps où on pouvait évoquer une action en la décrivant comme « interdite aux fillettes ». On ne s’en privait pas même si un coup franc brutal faisait se tordre de douleur le joueur étendu sur le gazon.


Que de fois n’a-t-on pas insisté pour mettre dans la tête du public que le foot c’est fait pour les hommes, pas pour les pleurnicheurs et les … femmelettes.

Ce public, qui lui-même, d’ailleurs, ne se prive pas de scander des slogans résolument sexistes adressés au public d’en face ou à l’arbitre et aux hommes des médias.

Or, en foot si on a commencé à sévir contre la violence, le racisme et toutes les dérives nées d’une société qui se cherche sans encore se trouver, on vient de passer à la vitesse supérieure.

Emmené par le vent de pudeur, voire de pudibonderie, qui souffle sur les mœurs, les us et les coutumes, voilà que le phénomène « me-too » vient essuyer ses crampons sur le football et les footballeurs.

A Hollywood, pendant longtemps considéré comme le temple sacré où acteurs, producteurs et autres metteurs en scène s’en donnaient à cœur joie, « me-too », site où toutes les victimes sont appelées à se confier en cas d’agression sexuelle, a balayé tout sur son passage. Ce n’est pas Hercule nettoyant les écuries d’Augias, ni Jésus chassant les marchands d’un lieu religieux mais c’est plus fort encore. L’époque exige que l’on respecte tout, tous et surtout toutes. Propos, et gestes déplacés sont à bannir à jamais. Moquer quelqu’un pour sa sexualité «différente » peut vous coûter cher. Les allusions, les ironies, les « lazzis et les quolibets » comme sut le chanter Aznavour, vous conduiront aujourd’hui dans les prétoires.

Alors, vous pensez bien, si les mots et les idées mal placés deviennent coupables, où peut vous mener un viol ? Même ancien, même non prouvé, et voici votre vie qui sombrera dans les tourments et le déshonneur.

Le cinéma, la politique sont en train de laver leur linge sale en public, le Vatican ordonne des enquêtes sur les prêtres pédophiles, alors qu’il fut longtemps soupçonné de les protéger.

Le foot va être touché à la puissance «grand P» tout simplement parce que pendant longtemps, les stars du ballon rond, couverts d’or et de lumière, se sont autorisés pirouettes et autres acrobaties loin des champs de jeu. C’était à qui aurait la plus grosse voiture, ou le mannequin le plus provocant.

Et comme on parle de châssis, comment ne pas évoquer messire Ronaldo, footballeur célébrissime qui cultive l’amour des carrosseries autant que celui des buts et coups francs bien placés.

Soupçonné pour une affaire de viol, remontant à 10 ans mais où la victime, consentante à l’époque des faits a pu désormais trouver un avocat et un juge pour trainer en justice le multiple «Ballon d’Or ».

Pour l’instant Ronaldo est encore soutenu, mais pour combien de temps ?

Ses actions chutent en bourse, et pour la première fois depuis 10 ans, le maître buteur n’est plus favori pour les podiums de fin d’année, ceux qui célèbrent les meilleurs faits et gestes.

Oublié son magnifique coup de ciseaux victorieux contre la Juventus, enterré son titre de multiple champion des clubs européens, on ne parle plus que de Las Vegas, lieu de ses supposées galipettes.

Où tout cela s’arrêtera-t-il ? On ne le sait pas et personne ne peut le dire car cela ne fait que commencer. Pas seulement pour Ronaldo mais pour de nombreux autres footballeurs qui, il n’y a pas longtemps encore, se vantaient de leurs prouesses sexuelles. Les rappeurs en faisaient des chansons, et beaucoup de magazines leurs choux gras.

Désormais tous vont être appelés à se montrer plus sages, plus discrets, à défaut d’être prudents.

L’arbitre a sifflé la fin de la partie et ce n’est pas un arbitre qui juge les pénaltys et les hors-jeux. Cela c’est sur le terrain, et la sévérité ou la partialité du référé si souvent décriée, ne sera rien face à celle des juges dans les tribunaux des bonnes mœurs.

Les exactions des footeux seront maintenant jugées hors terrain et loin des gazons.

Gare à ceux qui ne seront pas assez mûrs pour éviter tous les pièges de la tentation.

C’est l’ère des inquisiteurs, revenue avec sa rigueur et ses outrances.

Les censeurs et les donneurs de leçon peuvent avoir des jugements terribles. Cristiano Ronaldo est dans leur collimateur.

Tout son talent, tout son argent ne pèseront plus devant la vindicte populaire si, d’aventure, il perdait ce combat contre son accusatrice de Las Vegas.

A la fin de sa carrière, Ronaldo est appelé à jouer le match le plus important de sa vie.

 
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