Automobile

Benwahoud : « Je suis fier d’être le premier courtier marocain à avoir introduit l’assurance des voitures de collection »

L’Union marocaine des automobiles anciennes (UMAA) a signé avec les Assurances et Réassurances Benwahoud un partenariat visant la couverture des voitures de collection. Les détails avec Faraj Mohamed Benwahoud, gérant fondateur des Assurances et Réassurances Benwahoud & Associés.


Challenge : La compagnie Assurances et Réassurances Benwahoud vient de signer une convention avec l’UMAA. De quoi s’agit-il?

Faraj Mohamed Benwahoud : Avant de répondre à cette question, je voudrais partager avec vous et avec les lecteurs une citation du célèbre économiste Charles Gide : « L’assurance a cet effet merveilleux que les plus modiques épargnes deviennent suffisantes pour couvrir les plus grandes pertes par le moyen de l’association. Elle consiste à rendre inoffensifs les risques les plus énormes- et qui, s’ils avaient frappé un seul individu l’auraient écrasé- en l’éparpillant sur une multitude de têtes, moyennant un très léger sacrifice ». Cette définition étant précisée, gardons à l’esprit une disposition légale importante: l’assurance automobile est obligatoire au Maroc. Avant la mise en place de cette convention portée par Saham Assurance, que je remercie vivement, les collectionneurs subissaient le tarif homologué pour la couverture des véhicules « normaux ». Or le risque des automobiles anciennes est différent et dégage une sinistralité avec une fréquence et une gravité très faibles donnant lieu ainsi à un S/P (ratio sinistre/prime) nettement inférieur à 50%. D’où la démarche auprès de l’autorité de tutelle, l’Autorité de Contrôle des Assurances et de la Prévoyance Sociale (ACAPS) pour intégrer ces voitures dans une catégorie d’assurance permettant de déroger au tarif responsabilité civile (RC). Nous avons donc négocié et obtenu un tarif préférentiel avec une réduction de 60% sur celui cité plus haut. Cet avantage tarifaire est la première étape d’un processus pour adapter au mieux les termes et conditions d’assurance à ces véhicules de collection. Il a été accordé à juste titre, puisque l’usage de ces automobiles est particulier :

• Kilométrage moyen annuel < 3000 km.

• Conduites par 1 à 2 personnes au plus.

• Dont la vitesse n’est pas l’objectif.

• Sont encadrées, lorsqu’elles paradent en ville ou participent à des rallyes de régularité (pas de course) par les autorités : policiers et gendarmes.

• Roulent quasi exclusivement en week-end et jours fériés.

Quels sont les objectifs de cette convention ?

L’objectif premier est l’application d’une prime adaptée à ce risque qui soit raisonnable et inférieure à celle pratiquée pour les voitures dites « normales ». La seconde étape de ce processus est l’introduction des nouveaux critères tarifaires et plus particulièrement la distance annuelle parcourue par ces classiques. Selon les dernières sorties médiatiques du président de l’ACAPS, Hassan Boubrik, il est permis de penser que cette approche  soit adoptée à très brève échéance pour aboutir à une prime au kilomètre, preuve d’une réelle libéralisation de ce pan de l’assurance. Nous ambitionnons par ailleurs de faire bénéficier les collectionneurs d’un  traitement global  spécifique et approprié aussi bien en termes de coût de couverture que pour le service après-vente de la part des assureurs, par notamment l’introduction d’experts spécialisés dédiés.

Quelle est la différence entre une assurance de voiture classique et de voiture dite « normale » ?

Il n’y a pas de différence entre l’assurance de voitures classiques et les autres dites «normales » au regard de la loi et du code des assurances, notamment en ce qui concerne l’obligation de réparation des dommages causés aux tiers, ou pour bénéficier des droits quand on est victime. C’est l’application des coefficients d’usure (vétusté) qui est inadaptée pour les véhicules de collection et qui fait la différence. A titre d’exemple, pour une voiture « normale » âgée de 6 ans, le taux de dépréciation des pièces mécaniques de mouvement atteint 60%. Appliqués à une voiture de collection, ces mêmes taux rendraient caduque la mise en œuvre de la garantie. L’absence d’un marché structuré des pièces de rechange pour ces automobiles, rend la tâche très laborieuse et coûteuse pour l’expert et ne facilite pas celle de l’assureur qui a l’obligation de remettre le véhicule à l’état d’avant l’accident.

Combien représente le segment de l’assurance de voitures classiques du total des assurances au Maroc  ?

Le chiffre est insignifiant. Nous sommes encore à l’étape embryonnaire, mais je suis fier d’être le premier courtier marocain à avoir introduit ce segment d’assurance des voitures de collection. L’avenir est devant nous pour en faire une catégorie d’assurance qui figurera dans le rapport annuel de l’Autorité de tutelle.

Dans un souci de proximité avec les collectionneurs et justement pour pérenniser et développer ce nouveau produit, j’ai privilégié une distribution ouverte aux intermédiaires dans les principales villes du Royaume.

Pour finir, permettez-moi de vous exprimer le plaisir que je ressens en travaillant avec les passionnés de l’Union marocaine des automobiles anciennes pilotée par et pour des amoureux de la voiture classique, à leur tête le fondateur Abdellah Abdellaoui. Leur sérieux et leur crédibilité sont un gage de réussite pour cet éco-système de la voiture de collection et pour les trois partenaires UMAA, Saham Assurance Maroc et Assurances et Réassurances Benwahoud & Associés

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