Blog de Jamal Berraoui

Faria, un conte marocain ( Par Jamal Berraoui )

Mehdi Faria est mort quelques jours après avoir reçu un hommage de la part des joueurs qu’il a entrainés. On dirait qu’il n’attendait que cet hommage pour partir en paix. Son histoire mérite d’être racontée.


A son arrivée au Maroc, il n’avait pas un grand palmarès, ce n’était pas un nom connu. Entraîneur des FAR et de l’équipe nationale, il réussira à faire du Maroc le premier pays africain à passer au deuxième tour en Coupe du Monde, et des FAR une machine à tout gagner.

Mais l’histoire de l’homme est plus intéressante. Il a aimé le Maroc dès son arrivée. Converti à l’Islam, il se choisit le prénom de Mehdi. Personne ne se souvient plus de son prénom d’origine. Il épouse une marocaine et fonde une famille à Rabat. Il a refusé plusieurs propositions d’équipes étrangères, en particulier des pays du Golfe, pour rester au Maroc avec sa famille. Discret, il s’est retiré du circuit, jusqu’à ce que ses anciens joueurs pensent à lui rendre un hommage mérité. Il a réellement aimé le Maroc et n’a rien demandé d’autre.

Il nous faut réfléchir à la situation de ces étrangers qui viennent au Maroc, l’adoptent et en font leur patrie. La nationalité marocaine est très difficile à acquérir. Certaines familles sont là depuis plusieurs générations, l’ont sollicitée, mais ne l’ont pas obtenue. Le code de la nationalité est à réformer pour répondre à ces situations. Il est raisonnable que ceux qui aiment le Maroc, y vivent, puissent porter la nationalité s’ils le désirent. C’est d’autant plus raisonnable qu’il n’y a aucune rente rattachée au passeport marocain.

Mehdi Faria après Los Angeles et Mexico, a vécu la défaite contre le Cameroun à Casablanca comme un drame personnel. Il avait promis le titre africain aux marocains. Les joueurs racontent qu’il était le plus affecté à la fin de la rencontre. Il n’a plus rebondi après. Il lui a fallu attendre un quart de siècle pour qu’une association de joueurs lui rende un hommage. Sur les images, on le voit rayonnant de bonheur. Quelques jours plus tard, il nous a quittés.

Ceux qui ont servi le Maroc, c’est humain, attendent souvent de nous un geste de reconnaissance, symbolique. La vérité c’est que, collectivement, nous ne savons pas y faire. Nous attendons toujours la mort pour rappeler les qualités des disparus. C’est valable pour les hommes politiques, les journalistes, les artistes, les sportifs, les hauts cadres etc…. Exemple, Ahmed Osman a exercé toutes les responsabilités, il s’est retiré de la vie publique et n’est donc plus l’adversaire de personne. Pourquoi ne pas lui rendre hommage de son vivant ?

 
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