Finance

Financement: les banques se préparent au pire

Pour anticiper la situation, Bank Al Maghrib a suggéré aux banques de constituer des provisions en adoptant une approche sectorielle. 


Maghreb Steel semble être l’arbre qui cache une forêt d’entreprises en difficulté, notamment dans le secteur industriel. Cette activité hautement capitalistique a été fortement pénalisée ces quatre dernières années à la fois par la conjoncture économique difficile mais surtout par la concurrence étrangère. Pour sauver les meubles, les banques doivent soutenir ces entreprises en difficulté. Ces interventions ne risquent-elles pas de peser lourdement sur les performances financières des banques, notamment en termes de taux de risque? Interpelé sur ce dossier, Abdellatif Jouahri gouverneur de Bank Al Maghrib rassure. «L’accompagnement des entreprises en difficulté ne peut pas impacter les provisions des banques, car en tant que régulateur, nous avons adopté une position proactive». En effet, quand un secteur a des difficultés patentes, et avant même que les dossiers soient déclassés, BAM demande aux banques de constituer des provisions sectorielles à caractère général. D’ailleurs, «c’est ce que nous avons fait en fin 2012. Nous avons demandé aux banques de constituer les provisions avant la distribution des dividendes. L’objectif est de faire face précisément à des difficultés qui peuvent survenir par la suite».

Un plan de sauvetage tripartite
En clair, si le gouverneur de BAM paraît très confiant quant à la solidarité financière future des banques, c’est parce qu’il estime que le plan de sauvetage, mis en place dans ce sens est très fiable, vu qu’il n’engage pas que ces institutions financières. Le plan d’accompagnement de Maghreb Steel témoigne de cette réalité. «Le gouvernement, la CGEM et les banques… tout ce beau monde s’est mobilisé pour apporter des solutions viables à cet opérateur», explique-t-il. Autrement dit, tous les acteurs économiques ont participé pour réussir cette expérience très formatrice. Dans le détail, les banques ont prolongé la durée des crédits et ont revu également les taux appliqués dans le cadre de rééchelonnement de la dette. L’État a ainsi repris certains actifs pour pouvoir recapitaliser l’entreprise et a procédé à l’assainissement des comptes de TVA due. Les créanciers quant à eux, ont accepté le rallongement et le renouvellement des échéances. Il en est de même pour certains fonds extérieurs qui ont prolongé les certificats de trésorerie. Concernant les actionnaires, ces derniers se sont engagés pour la recapitalisation de leur entreprise. Somme toute «le programme mis en place semble efficace, encore faut-il que son application soit imminente», conclut Jouahri. 

 
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