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Fiscalité : si on copiait les meilleurs ?

En Europe du Nord, surtout au Danemark et en Suède, le taux de prélèvement est le plus élevé au monde. Cependant, il n’y a aucune contestation parce que la social-démocratie a construit un système de protection sociale quasiment parfait. Il y a deux ans, le parlement suédois a voté une augmentation de 2% des impôts pendant 3 ans, pour rénover les quartiers où vivent les migrants et éviter la construction de ghettos et les problèmes qui vont avec. Cette mesure a été votée à l’unanimité.


Les citoyens de ces pays ne sont pas des extra-terrestres. Ils sont juste attachés à un modèle social performant, et comprennent qu’il faut le financer et donc contribuer. Un Suédois n’a pas peur des accidents de la vie, parce qu’il sait que la société a préparé des filets de sécurité.

Nous n’avons ni les moyens, ni la culture d’une telle politique. Mais nous pouvons commencer par le commencement, c’est-à-dire le plus bas de l’échelle. Il faut absolument que l’exécutif mette en place un vrai soutien aux familles en situation de précarité. Les pays qui l’ont fait, l’ont utilisé pour un vrai projet sociétal. Les familles s’engagent à envoyer leurs enfants à l’école, propres, à les emmener au dispensaire régulièrement, il y a même des mesures de lutte contre la violence domestique, cela veut dire qu’une telle politique, lutte aussi contre la criminalité, le chômage par la formation.
Ensuite, il faut inverser les priorités. On peut faire une pause sur les grandes infrastructures et se concentrer sur les régions les plus défavorisées.
Désenclavement, services publics de proximité doivent devenir la priorité du budget.

Si on fait cela, à moyen terme, cela rejaillira sur l’ensemble de la collectivité et l’économie nationale. L’acceptabilité de l’impôt est à ce prix. Si les impôts ne servent qu’à payer les fonctionnaires, à l’heure où l’administration est décriée, cela ne marchera pas.
Le citoyen a besoin de savoir que sa contribution profite au bien commun et de le voir. Si l’exécutif explique son action, qu’il l’oriente vers le social, le bien-être collectif, les Marocains seront plus réceptifs à l’effort fiscal.

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