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Foodis, un géant de l’abattage est né

 Présent sur le marché depuis 8 ans, Foodis a réalisé en 2012 un chiffre d’affaires de 360 millions de DH et envisage de dépasser les 500 millions en 2013.


A

 l’heure où le budget des ménages s’amincit, la viande de dinde, avec son prix bon marché veut se tailler une part de plus en plus conséquente. Précurseur en la matière, le groupe Amhal a vite senti le filon en lançant  en 2005 Foodis, devenu aujourd’hui numéro trois de la charcuterie et de l’abattage de dinde sur le marché marocain. En effet, la création de Foodis par ce groupe multi métiers arrive, à l’époque déjà, pour répondre à la forte croissance de la consommation de la viande de dinde. Une donne qui ne s’est pas démentie depuis, et qui porte aujourd’hui la consommation globale de la viande de dinde au Maroc à 550 millions de tonnes. Plus encore, les professionnels estiment que cette dernière frôlera le seuil des 770 millions de tonnes dans les deux années à venir. Un développement tangible au cœur duquel Foodis a réussi à faire valoir ses arguments malgré une rude concurrence. Preuve en est qu’au bout de huit ans d’activité, le charcutier a réussi à asseoir sa notoriété pour atteindre un chiffre d’affaires de 360 millions de DH en 2012, soit à peu près 10% de parts de marché. Désormais, le spécialiste de la charcuterie et de l’abattage de dinde a même pour ambition de franchir le cap des 500 millions de DH de chiffre d’affaires en 2013. 

Qualité: 1er ingrédient de la réussite

Flash back : Armé d’une longue expérience dans le monde des affaires, Mustapha Amhal (ex-patron de SOMEPI), décide donc de se lancer dans le secteur de la charcuterie en 2005. Un an après, il matérialise sa décision. Dès le départ, le groupe avait compris que la clé du succès passait par la maîtrise de toute la chaîne: de l’approvisionnement jusqu’à la distribution. À cet effet, il construit d’abord une unité industrielle dédiée uniquement à la charcuterie dans la zone industrielle de Berrechid. Après le démarrage effectif en 2006, le top management acte la construction d’une unité d’abattage en 2007, à la commune de Laassilate à Had soualem. L’achèvement de ce chantier représente en fait le deuxième acte de l’histoire de Foodis. Il faut savoir qu’à l’époque, et plus exactement en 2009, Amhal décide de regrouper les deux unités (abattage et charcuterie) sur le site de Had Soualem, d’une superficie de 3,3 hectares. Le site devait respecter les standards internationaux et avait donc requis un investissement de plus de 120 millions de dirhams. «Le site est équipé d’un système d’information très développé qui permet de livrer une analyse quotidienne de la chaîne de production, afin de bien maîtriser le taux de déperdition. Nous avons aussi engagé une démarche de certification ISO 22 000, qui s’achèvera au mois de juillet», argue Mustapha Amhal, président directeur général de Foodis. 

75 tonnes de dinde par jour!

Foodis, produit quotidiennement 75 tonnes de viande de dinde et 20 tonnes de charcuterie. Pour assurer ce niveau de production, l’unité doit s’approvisionner tous les jours d’une quantité de 100 tonnes de viande vive. Or, garantir ce niveau d’approvisionnement n’est pas une mince affaire, notamment lorsqu’on sait que le prix de la dinde est très volatile, (il varie entre 15 et 20 Dh). Et pour cause, ce dernier dépend principalement de la demande sur le marché, mais surtout du coût d’approvisionnement. Pour se prémunir contre toute augmentation de prix où manque de viandes vives, Foodis a engagé une politique d’agrégation. « Cette dernière se traduira par des signatures de partenariats avec trois éleveurs de grande taille (entre 47 et 50 fermes) de la région de Chaouia. «Cette stratégie d’intégration, nous permettra désormais de fixer le prix d’achat annuel, et vers la fin de chaque année nous allons procéder à des réajustement afin de rester dans un partenariat Win-Win», étaye Karima Benhamida, secrétaire générale de Foodis. Côté distribution, Foodis dispose d’une flotte de 66 véhicules qui compte les ramener à 100 d’ici la fin de l’année. Ces véhicules livrent ses clients dans toutes les régions du Maroc. A noter que l’entreprise ne détient pas de points de vente en propre et ne commercialise pas ses produits dans les grandes surfaces. Interrogée à ce sujet, Karima Benhamida explique que «pour le moment, les points de vente en propre et la commercialisation dans les grandes surfaces ne sont pas prévus dans la stratégie du groupe». Et d’ajouter, «nous voulons d’abord bien nous positionner sur le marché traditionnel, qui représente un énorme potentiel». Foodis entend aussi se développer sur de nouvelles niches comme les plats pré-cuisinés. Le top management vient d’ailleurs de faire appel au service d’un pro de plats cuisinés qui concevra les formules qui seront disponibles à partir du mois de décembre sur le marché marocain…  

 
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