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Foot : l’ordre des choses

La diligence et l’efficacité des forces de la Sécurité Nationale ont été souvent louées et reconnues.


Le Royaume a organisé des Conférences au Sommet à haute teneur politique, avec la présence de chefs d’Etats qui à Fès, Marrakech ou Casablanca trouvaient le terrain d’entente idéal.

Les images d’archives nationales sont éloquentes à ce sujet.

Yasser Arafat, Houphouët Boigny, Hafez Al-Assad, Sékou Touré, Giscard d’Estaing, Shimon Peres, Mouammar Kadhafi, le Roi Fayçal d’Arabie Saoudite, Mitterrand, Chirac, Bourguiba, Bill Clinton, la Reine Elisabeth d’Angleterre et tant d’autres têtes couronnées qu’il serait impossible de tous citer ici, ont été des hôtes du Maroc, en toute sécurité, alors que le monde alentour se déchirait en conflits sanglants dont beaucoup ont entamé lors de ces réunions marocaines, leur début de résolution. 

Un jour prochain, Inchaâ Allah, justice sera rendue au Maroc pour lui reconnaitre le rôle qu’il a joué auprès de tous les leaders du monde.

L’Histoire ne s’efface pas. Même s’il lui arrive souvent d’être mal écrite, la vérité revient toujours au premier plan 

Discipline et abnégation

Or, alors que se déroulaient dans les salles de congrès, les discussions passionnées des conférenciers, le pays connaissait un état d’alerte maximale. Aéroports et principaux axes routiers étaient quadrillés, contrôlés, placés sous étroite surveillance par des agents de sécurité travaillant vingt quatre heures sur vingt quatre. Ceux qui de nuit ont pris la route en ces moments là, se rappellent de ces contrôles routiers où un groupe de policiers mitraillette à la main mais allure débonnaire, vous braquaient une lampe torche dans le véhicule pour une inspection des plus courtoises, mais diablement efficace. Des agents de l’ordre qui, d’après un haut responsable de l’époque, ont assuré leur service, debout, sans se plaindre et avec un métier consommé.

Après un Sommet à Casablanca, où les questions à l’ordre du jour étaient particulièrement brûlantes, et faisaient craindre des risques d’attentat – avec le dangereux terroriste Carlos qui promettait de faire un baroud d’honneur au Maroc, en plein Sommet – tout se passa, grâce à Dieu, dans la meilleure des ambiances.

Le même haut responsable fier et ému du métier déployé et démontré par les forces de l’ordre annonça que tous avaient mérité une prime conséquente.

En fait, il leur fut accordé six jours de congés payés, car leur vraie récompense était celle du devoir accompli. La noblesse de l’abnégation n’a pas de prix.

Et c’est cette unité d’élite qu’est la Sureté Nationale qui, l’autre semaine, à décidé de prendre un autre taureau par les cornes.

En organisant, à l’Institut Royal de police à Kénitra, un colloque national sur la violence dans les stades, la DGSN a frappé fort et juste.

La violence dans les stades, phénomène social a toujours été disséquée sous ses différentes facettes par toutes sortes d’experts, en particulier dans les médias.

Il y a quelques années, la FRMF, via son GNF, avait organisé une table ronde diffusée en direct sur «ARRYADIYA» pour stigmatiser le phénomène.

Il en est sorti, principalement, une interdiction de stades pour les mineurs non accompagnés.

Décision tout à fait superfétatoire, car les jeunes adolescents constituant la principale majorité du public des stades de sports, ont su détourner les interdictions et continuer de se déchainer sur les gradins.

Et même  hélas, au-delà, comme le prouvent les gares, les trains et les artères urbaines dévastés par des hordes d’inconscients.

La loi se fit alors plus dure, plus coercitive. Il fut promulgué des sanctions allant jusqu’à l’emprisonnement de longue durée.

Cela aboutit à la catastrophe sociale que l’on a vécue dernièrement avec les évènements de Raja/Far qui causa l’arrestation de dizaines de casseurs qui partirent croupir dans des conditions sordides, dans le principal pénitencier de Casablanca.

Gloire soit rendue à SM le Roi Mohammed VI, qui dans un geste de compassion ordonna de mettre en liberté provisoire, les plus jeunes qui retrouvèrent des familles ravagées et éplorées qui ont vécu des moments d’absolue détresse devant les tribunaux lors des comparutions de leurs enfants. Mais qui dit « enfants » dit « éducation » car les uns ne vont pas sans l’autre.

Si on est arrivé à ce point de non retour, c’est bien parce que l’éducation fait défaut et que lorsque la répression s’abat dans toute sa terrible légitimité, il est déjà trop tard.

 Quand la police prend les devants

Voilà pourquoi ce matin là à Kénitra, les assises de la DGSN sur la violence dans les stades, tombaient à point nommé.

Y prirent, tour à tour, la parole, des magistrats, des cadres de la DGSN et le représentant de la FRMF.

En évoquant «un crime sportif », le magistrat Hicham Bellaoui de la Direction des affaires pénales et des grâces au Ministère de la Justice et des Libertés a exposé les raisons et les causes liées à cette violence.

« La loi doit concilier la prévention et la répression», a-t-il souligné. Il faut garantir un environnement sain pour la pratique sportive, et prendre en considération tous les facteurs contribuant au climat général autour d’un spectacle sportif ».

Le magistrat n’a pas manqué de souligner les moyens considérables mis en œuvre par les différents organismes responsables pour comprendre et juguler tous les vecteurs et facteurs de ces débordements.

Le représentant de la DGSN  Mohamed Bouzfour, exposa tous les risques et les enjeux. Les policiers étant les premiers et les plus présents sur le terrain ont à cœur de mettre leur expérience au service de tous, à commencer par la FRMF qu’il a appelé à réfléchir sur une institutionnalisation de la coopération et de la coordination pour évaluer les matchs à haut risque et en assurer le bon déroulement. Il émit en outre des suggestions pour imposer la numérotation des places avec des billets basés sur la carte nationale du supporter.

Ahmed Ghaibi de la FRMF répondit par « Cinq sur Cinq » tout heureux de voir la DGSN se placer en première ligne pour qu’on puisse un jour, sortir de ce tunnel de violence.

Les causes de la violence sont nombreuses et diverses mais on peut en limiter les conséquences.

C’est à cela que la DGSN dans un grand moment d’introspection, s’est attelée.

Qu’elle en soit félicitée, en attendant que les résultats éclosent autour et sur les champs de jeu. 

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