Sport

Football : de l’importance des coachs

Alors que le continent africain se passionne pour « sa » CAN 2013, dans le monde entier la vie continue pour un autre football et d’autres ambitions PAR NAJIB SALMI



L
e Maroc par sa position géographique et par l’engouement culturel de sa population, est un Royaume ouvert et avide de savoirs. Les Marocains s’intéressent à tout, se tenant au courant de toutes les nouveautés et  techniques modernes. Le sport et particulièrement le football, occupent une place de choix dans le coeur et l’esprit de bon nombre de nos concitoyens devenus incollables en ce  qui concerne le ballon rond mondial et ses stars. 
La sagesse de Pep Guardiola 
N’oublions pas que notre public a été, dès l’Indépendance nourri aux fastes de la Coupe  Mohammed V, trophée qui, chaque été, conviait les meilleurs clubs européens et sud américains pour un tournoi grandiose à Casablanca. Imaginez un instant le plaisir de voir en chair et  en os, au moment où la télévision n’en était qu’à ses premiers balbutiements, les stars du Réal, de Santos, d’Anderlecht, ou du Bayern de Munich avec toutes ses vedettes, dont Franz  Beckenbauer mais aussi Muller ou Sepp Maier. Pep Guardiola, l’ex-coach du Barça et qui vient de signer avec le Bayern de Munich a prouvé par ce choix que, non seulement, il était un technicien averti,  mais aussi un homme avisé. C’est au sein de la rigueur allemande : structures, discipline, sérieux, que le Alors que le continent africain se passionne pour « sa » CAN 2013, dans le monde entier la vie continue pour un autre football et d’autres ambitions.  PAR NAJIB SALMI Football : de l’importance des coachs Catalan va continuer son fabuleux parcours dans  le foot mondial. Le foot allemand toujours imité, jamais égalé ; un foot très loin de celui du Maroc alors que les deux pays se sont souvent affrontés. 

Toujours à l’avantage  des Allemands, mais le Marocain, pas rancunier, continue d’admirer les Teutons. En 72 à Casablanca, Franz Beckenbauer vainqueur avec le Bayern de la Coupe Mohammed V, fut  royalement fêté et en a gardé un souvenir ému. Duels Marocco-Allemands sur le terrain, mais aussi  dans les salons et couloirs de la FIFA, quand pour le mondial 2006, le Maroc  fut battu, à plate couture, par la FIFA de Blatter. Driss Benhima et Ali Fassi Fihri, fers de lance de notre dossier de candidature en gardent encore l’amer souvenir. Pour en revenir à  Pep Guardiola, on peut se demander si le Bayern de Munich qui a tout gagné, tout remporté dans son Histoire et qui, cette saison caracole en tête de la Bundesliga (championnat  allemand) ou si les Bavarois ont vraiment besoin de se payer, à prix d’or, un coach de la valeur de Guardiola ? (100 millions de dhs par an). 

Cette question doit  interpeller tous ceux qui,  et ils sont nombreux, minimisent la fonction du coach en football. On entend souvent ces soi-disant connaisseurs, prétendre qu’avec de bons  joueurs on n’a pas besoin d’entraîneur. Grosse erreur et qui explique, en partie, l’état de déliquescence de nos clubs. Des clubs qui sont toujours prêts à dégainer pour renvoyer illico presto  l’entraîneur à la moindre défaite. Ce faisant, nos dirigeants n’ont réussi qu’à favoriser une génération d’entraîneurs mercenaires qui tournent d’un club à  l’autre. Il n’est pas rare de  voir, dans une saison, un coach « servir » dans trois clubs différents, encaissant primes de signature et en en redistribuant peu ou prou à ses agents plus ou moins déclarés. Une telle situation ne permet aucun progrès véritable et laisse le joueur dans une attitude de désarroi.

Il est aussi regrettable qu’en équipe nationale, on ait aussi créé les sièges éjectables pour  coachs, oubliant par là que c’est avec des entraîneurs au long cours, qu’on obtient le meilleur résultat. Feu Cluseau, est resté de 66 à 70 pour qualifier les Lions de Bamous au premier  mondial avec une équipe africaine. Le Roumain Mardarescu, arrivé en 74, est devenu champion d’Afrique en 76 avec Faras et ses copains. Quant à Henri Michel, c’est  de 95 qu’il est parti pour arriver à sa belle Coupe du Monde en 98. Pour Mehdi Faria, il est hors concours. Il s’est pratiquement, à travers les FAR, imprégné de l’ambiance marocaine et  de 1983 à 1986 il a connu le chemin triomphal que l’on sait. Aujourd’hui, on est avec Taoussi. Quels que soient les résultats de cette CAN, il faudra laisser Rachid aller jusqu’au bout de son  contrat (2015). Tant il est vrai que si on est boosté par les victoires, l’on apprend aussi par les erreurs. Elles servent aussi à nous former. Le principe de la roulette russe, avec une  seule issue, la victoire ou la mort, ne produit rien de bon. Et on n’a pas besoin d’être Allemand pour le comprendre. ■ 

 
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