Agro-Industrie

Fruits et légumes : il ne s’y passe pas grand-chose

Très peu d’investissements dans le secteur. La demande provenant de l’Europe baisse et les produits sont moins compétitifs.


Voilà un secteur de transformation de produits agricoles (conserves de fruits, conserves d’olives, conserves de légumes, câpres, cornichons, jus de fruits, épices, fruits et légumes surgelés…) où il ne se passe pas grand chose en matière d’investissement par exemple. On ne constate pas d’intérêt de la part d’investisseurs pour racheter des unités, ou carrément miser sur de nouveaux projets. Peu de gens spéculent sur son avenir. « Les circuits d’approvisionnement des matières premières restant toujours traditionnels (souks), et le poids du secteur informel opérant principalement sur le marché local découragent les nouveaux investissements et réduisent considérablement la pression concurrentielle des entreprises déjà installées », indique Kamil Bennis, président de la Fédération des industries de conserves des produits agricoles (Ficopam). Sur le plan de l’offre elle-même, il faudra ajouter le fait que la quantité destinée à être transformée est faiblement diversifiée. Ceci  entraîne un enchérissement  des matières premières agricoles « en bord de champs ». «Cette situation rend de plus en plus difficiles les exportations, surtout durant cette conjoncture internationale défavorable et la morosité actuelle des marchés », dixit Bennis.

Les professionnels du secteur assistent alors depuis un moment, à une certaine baisse de régime, alors même que le secteur de la transformation des produits végétaux occupe une place importante dans le tissu industriel (cf fiche technique). En fait, les performances dépendent des sous-filières. Des familles de produits évoluent mieux que d’autres. C’est le cas par exemple de celle des fruits et légumes surgelés, ainsi que les jus de fruits qui connaissent, selon Bennis, un véritable regain d’activité après la disparition de Frumat, avec des volumes en nette augmentation entre 2009 et 2012. Par contre, là où la situation est moins reluisante, c’est au niveau des exportations des conserves de condiments (olives, câpres, cornichons). Au cours de ces trois dernières années, «nous avons constaté une quasi stagnation, voire une baisse de l’ordre de 10% concernant ces produits ainsi que pour les conserves de fruits et légumes et les épices », précise Bennis. La demande européenne en est une cause. Les pays du Vieux continent étant nos principaux clients, et parce qu’ils sont touchés de plein fouet par la crise, ils consomment moins nos produits. Mais il n’y a pas que cela. Selon le président de la Ficopam, la baisse de la demande s’explique aussi par une perte de compétitivité : prix des matières premières, peu ou pas de recherche et développement, prix élevés des emballages… En plus de tout cela, le secteur subit les aléas climatiques. « Le secteur y est fortement dépendant. Ils peuvent affecter favorablement ou au contraire, pénaliser l’activité de notre secteur en influant directement sur l’offre de matières premières, aussi bien en termes de disponibilité et de prix, qu’en termes de qualité », souligne Kamil Bennis. L’amont agricole, que les industriels ne maitrisent pas, peut donc leur jouer des tours. Il en dépend les performances des transformateurs des produits agricoles. Ces professionnels doivent aussi faire face à la montée de la concurrence de certains pays comme l’Espagne, l’Egypte, la Grèce ou la Turquie. Malgré tous ces soucis, Kamil Bennis veut croire en l’avenir des entreprises du secteur. « Nous avons confiance en la qualité de nos produits pour maintenir et accroître nos parts de marché, dès que la conjoncture internationale sera plus favorable ».  

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